dimanche, 17 décembre 2006

Mange ta main et garde l’autre pour demain !

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Je crois bien que j’ai attrapé un coup de soleil

Non, c’est vrai, tout ce rouge tout autour de moi, je ne peux pas m’empêcher de mettre partout du rouge. Le soleil a du me monter à la tête.

Tiens, j’ai la tête à l’envers, j’ai sans doute encore rêvé d’elle.

Cette petite fille en rouge qui peut me dire qui elle est vraiment ?

Je ne sais plus, mon pinceau file seul, c’est mon cerveau qui déraille, elle s’impose à moi, la petite, je n’y peux rien, j’ai la calebasse en ébullition, si ce n’est pas un coup de soleil, c’est un coup de lune.

Elle est partout, la petite brune avec sa robe rouge, dans des fauteuils rouges, des rêves rouges, des rideaux rouges. Je suis le loup. J’ai bien peur d’être le loup, à moins que je ne sois le chaperon…

La petite a dévissé son pied. C’est aussi logique que de dévisser sa tête pour mieux voir autour de soi. La petite a dévissé son pied pour mieux pouvoir le contempler.

Personne ne saura mieux la dévorer.

Elle se dévore elle-même, vorace, prend les devants, la vie, elle la connait, d’avance.

Reste à savoir, qui est caché ainsi derrière sa porte, qui est le loup piteux qui la verra ainsi manger son pied, et garder l’autre pour demain. Puisqu’elle a faim.

Reste à savoir, ce qu’elle fait là, cette petite, dans ce fauteuil, à me narguer ?

Reste à savoir qui je suis, moi, dans cette histoire ? Le peintre ou le narrateur, le loup où la fillette ? Le meurtrier ou la victime ? Il manque le rouge du sang : son pied de peinture ne saigne pas. Je vais rajouter un peu de rouge.

 

Pour paroles plurielles

jeudi, 14 décembre 2006

« Bye Bye Belgium »

medium_art_41400.jpg On s’y serait cru, pas vrai ?

Oui, Orson Welles n’aurait pas fait mieux…

Oui, la balourdise des politiques mous englués dans des affaires à tous les coins de rue…

Le 5 mai 2002, ici aussi, on s’y serait crus.

Sauf que ce n’était même pas une blague.

Juste un réveil avec une grosse gueule de bois.

Et depuis ? Depuis, je me suis rendormie, comme tant d’autres.

Et chacun de penser que ça ne recommencera pas demain.

Que ça n’arrivera pas plus que bye bye Belgium …

Petits bonhommes que nous sommes …

C’est en Belgique qu’il fallait être, hier au soir, en Belgique, devant son poste de télévision.

Encore faudrait-il se réveiller demain …

dimanche, 10 décembre 2006

Les histoires d’A

medium_rita3.jpg Et comme j’ai envie de mots vivants, de mots vibrants, j’ouvre le dictionnaire à la lettre « v ».

Car c’est à Valenciennes que Valérie rencontra Valentin. Valentin dès ses vingt ans se voyait déjà valétudinaire ; Valérie, lorsqu’elle le vit, sentit la fièvre l’envahir. Pour apaiser la fièvre et les angoisses du valétudinaire, rien de tel qu’une tasse de valériane.

Rien n’y fit. Valentin resta arrimé à ses angoisses et Valérie à ses envies.

Vaine histoire : il ne lui restait plus qu’à faire ses valises…

Ainsi va la vie, se dit-elle, en quittant la ville de Valenciennes pour rejoindre Valence où le vent violent finit par lui rendre sa liberté et ses envies.

Nous ne sommes jamais où nous devrions être, en effet.

Je verrai bien, je vais quand même pousser cette porte…

Le temps dure longtemps, les parties sont longues.

J’ai dans les manches encore quelques jokers …

Musique les Rita Mitousko : les histoires d'A

vendredi, 24 novembre 2006

Ruse des vents

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La ruse des vents ? Des tourbillons, des rafales soudaines et tout ce que tu crois qu’elles emportent.

Oui, mais parfois, le vent n’emporte rien.

La ruse des vents, c’est peut-être plutôt ce que ces grandes rafales déposent d’incongru.

Les monceaux de neige en congères accumulés par la burle mordante sur les plateaux sauvages, le sable du désert abandonné par le foëhn au pied des Alpes : rougeoyantes terres de Mars…

La ruse des vents de sable ? Vous aveugler, gorger vos lèvres et vos narines d’éclats d’arcs de soudage cinglants et crépitants.

La ruse du mistral ? Traîner sa queue jusque dans les monts du Lyonnais, dégrafer quelques tuiles romanes au passage, et vous faire croire au midi.

Mais ce n’est pas le midi.

La ruse finale des vents, c’est de se taire soudain et de mourir et de vous laisser pantois, bras ballants, attendant la tempête qui finira bien par revenir.

Puis par vous emporter.

vendredi, 17 novembre 2006

A quoi ça sert ?

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A quoi ça sert de faire le mort ?

C'est que là, au moins, c'est pour de faux.

Parce que, bien sur, ce n'est pas facile, quand déjà tu es mort une première fois, de risquer de mourir encore...

 

Photo : Akynou

mercredi, 15 novembre 2006

Des armes bleues comme la terre …

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En petite neige aigrelette,

La bruine à la lueur des phares.

On aurait cru Noël, mais c'était pas Noël.

 

Des mots comme des armes

Et cette guitare qu’est un fusil

Ouvrir les vannes

Parler sans crainte :

Qu'enfin le vent nous prenne.

 

Lâcher les mots comme on lâche les chiens

Le doigt sur la gâchette

Comme si ça n’avait pas d’importance.

D’ailleurs, ça n’a pas d’importance.

 

Des mots pour dire et se dédire

Et pour maudire aussi

En rafales pigeons d’argiles

En cœur de cible

Viser la rage :

Au ventre.

 

lundi, 13 novembre 2006

Le Croque-mitaine de Belle Ile En Mer.

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" Au-dessus de l'île on voit des oiseaux
Tout autour de l'île il y a de l'eau. "

.

Rognures d’ongles, pelures de patates, raclures de topinambours, croûtes de genoux, épluchures de navets, rogatons de fromages, croûtons de pain rassis, mèches de cheveux, un peu d’eau croupie…

C’est comme ça qu’au bagne des enfants on accomode les restes pour le croque-mitaine.

Faut qu’ça ait l’air de restes humains pour amadouer le croque-mitaine, c’est qu’ y en aurait, ici, sinon, des sales gosses à dévorer !

 

Là-bas, à Nantes, à l’école on chantait :

-" Connaissez-vous Croque-mitaine

Miton, miton, mitaine

Il a deux yeux grands et perçants

Une grande bouche de grosses dents " …

 

Maintenant, je le connais, c’est à Belle Ile qu’il vit, le croque-mitaine, chez les petits chenapans, les bandits, les voyoux, les mauvais sujets.

 

Au bagne des enfants, croque-mitaine est roi.

Première punition : au pain sec et à l’eau

Deuxième punition : pain sec et lit de camp

Troisième punition : peloton de discipline

Quatrième punition : au cachot.

 

Alors, je vis dans un trou noir avec le croque-mitaine.

Finalement, j’en ai même plus peur, c’est un monstre de compagnie.

Dans le noir, roulé en boule, au début, j’y voyais rien.

Je me suis habitué.

Je le vois bien croque-mitaine, maintenant, avec ses yeux fluorescents…

 

Dis, rejoindrais -je le continent ?

Autrement qu’allongé sur le ciment ?

Autrement qu’en m’envolant ?

Est-ce que je serai encore un petit enfant ?

                         ...

" Au-dessus de l'île on voit des oiseaux
Tout autour de l'île il y a de l'eau. "

 

Pour les impromptus littéraires, thème : l'art d'accomoder les restes pour un croque-mitaine.

jeudi, 09 novembre 2006

Rivage des Syrthes…

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De retour du centre Mauges, et rejoindre la Loire…

Par hasard, mon GPS m’a guidée jusqu’à Saint Florent le Vieil.

Match Point : la balle est retombée du bon côté du filet.

A la traversée du long pont sur le fleuve, en ligne de mire, sur une légère colline : l’église de Saint Florent.

A mi chemin de Nantes et d’Angers, le village comme trait de liaison, tuiles et ardoises partagées…

J’ai stationné ma voiture sur la place centrale et fait quelques pas dehors.

Au fond, je ne sais pas bien pourquoi…

L’air qu’on respire ici est pourtant le même qu’ailleurs…

Au surlendemain de l’attribution du Goncourt, je cherchais peut-être sur un banc un exemplaire oublié de la littérature à l’estomac, ou bien encore, le prix refusé du Rivage des Syrthes…

Je n’ai rien retrouvé.

J’ai repris ma voiture.

Mon travail.

Le cours de ma vie.

samedi, 14 octobre 2006

L’Avatar

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J’ai donc un avatar qui a pris son vol, son indépendance.

Elvire poursuit son chemin dans les méandres de la toile.

D’aucuns s’en sont emparé, se la figurent, se l’imaginent, lui donnent vie.

D’autres parlent en son nom, prononcent des sentences définitives et sures ; ou bien la lancent dans des déclarations emphatiques et enflammées.

Pendant ce temps "je " quitte l’Anjou pour quelques jours.

Une escapade

Une parenthèse en bord de Seine

Loin de La Maine, sans dialogue social, ni bain des enfants.

"Je" sais ce que vaut la parenthèse, "je " connais bien les limites du système d’échapatoire.

Elvire cependant, se demande simplement pourquoi elle aime autant les trains, les départs, les trajets…

S’asseoir ainsi et, seule au monde, sur le fil musical qui s’enchaine à ses oreilles, le fil des mots du slam parfois, sortir son crayon de bois, le Staedler jaune et noir comme une abeille, et pour de bon, quitter l ‘Anjou, quitter la terre, quitter soi-même.

Sans illusion.

Un bref parfum d’ironie.

Elvire pense simplement qu’elle ne sait rien d’aussi définitif et certain, qu’elle n’est en rien adepte des déclarations emphatiques et dégoulinantes.

Qu’elle est une autre.

C’est le jeu.

Et elle sourit.

jeudi, 05 octobre 2006

Petit quart d’heure kitchissime

medium_images.6.jpg Ce qui d’octobre reste accroché aux branches de ma mémoire

Ces longues pluies

Ces froids débutants

Cette saison qui n’en est pas une entre la fin de l’été et l’entrée dans l’hiver

Prendre un aller simple et

Secouer l’eau des feuillages

Goutte à goutte

C’est donc vrai qu’il n’y a plus de saison 

Et puis, je suis une fille de mai

Je sécherai ces pluies une à une

Je ferai de l’automne un printemps

Ne serait-ce qu’un jour,

Ne serait-ce qu’une heure

Je m’enivrerai des senteurs du muguet

Une à une, j’en compterai les clochettes

Une à une, j’en aspirerai les gouttes de rosée,

Lentement,

Tendrement,

Ce qui d’octobre, demain, restera accroché aux branches de ma mémoire ?

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("Je voulais pas écrire un texte « petite maison dans la prairie »
Mais j’étais de bonne humeur et même mon stylo m’a souri
Et puis je me suis demandé si j’avais le droit de pas être rebelle
D’écrire un texte de slam pour affirmer
que la vie est belle")

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