samedi, 16 décembre 2006
Quand j’étais laide.
que tu ne m’aimais plus, c’était hier et
je m’en souviens si bien…
(Ecoute, souviens-toi)
J’ai coupé mes cheveux, mis des dentelles.
Des bas et des jarretelles,
des corbeilles roses et noires.
Et toi, tu n’as rien vu.
(Je mens, là, je sais que tu l’as vu)
Les dentelles et les bas
Ce n’était que falbalas
des dentelles apposées,
rouge comme le clown, son nez
dans le ridicule, je me suis enfoncée.
Quand j’étais laide
que tu ne m’aimais plus, c’était hier et
je m’en souviens si bien
Un jour sur le plancher, je me suis étendue.
Bien sûr, tu n’es jamais venu.
J’ai fini par comprendre combien j’étais laide
De n’être pas désirée, pas désirable.
(J’ai renoncé)
Et puis, le temps, sans doute
le temps des regrets et des doutes
les vieux souvenirs qui affleurent,
la fin des illusions, les derniers combats…
Quand j’étais laide
que tu ne m’aimais plus, c’était hier et
je m’en souviens si bien…
Qui de nous deux s’est enfui de l’autre ?
La belle question suspendue, à jamais sans réponse.
Aujourd’hui, je suis belle et tu croyais revenir
Tu pleures ?
C’est une chanson trop mélo, il lui manque la bassesse et la honte, il lui manque l’humiliation et le goût amer du ridicule.
Merci à Jean Pol pour le refrain, Joye, tu nous la chantes ?
Joye vous la chante, c'est là :
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mercredi, 13 décembre 2006
Le cri
C’est de partout que proviennent les cris.
Du dedans, du dehors
J’ai beau plaquer mes mains sur mes oreilles
Ça bourdonne
C’est de partout que proviennent les cris
En vagues
Le son se fracasse et mon estomac se noue
Les souvenirs remontent
Des nuits passées
A me montrer comme ils sont beaux tes sentiments
C’est de partout que proviennent les cris
Je ne suis plus qu’un long déchirement
Le chien aboie la caravane passe
Sous mes pieds il y a le fleuve
Autour de moi, il n’y a plus que pleurs
En moi, il n’y a plus que moi
Qui me tord de comprendre…
Rien Il n’y a rien d’autre à dire
Je n’entends plus que ces cris
C’est de partout que proviennent les cris.
(Note inspirée par la page Google du 12 décembre)...
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mardi, 21 novembre 2006
Demain sera peut-être...
Demain sera peut-être un jour d’anniversaire ; un de ces jours à marquer d’une pierre blanche, un de ceux dont on aime à se souvenir, comme d’un petit caillou de bonheur recueilli au fil de l’eau, accueilli au creux d’une paume…
.
Aujourd’hui, c’est juste un jour de peine.
Un de ces jours gris comme un nécessaire passage
Où presque contraint et forcé
Enjamber le gué
Sans trop pleurer
Il y a déjà tant d’eaux autour de nous
Tant de pluie du ciel
Tant de rivières en crues
Tant d’océan de larmes
Et de rives effondrées…
.
Demain sera peut-être un jour d’anniversaire…
Pour les impromptus littéraires ; Photo : crue du Gier le 2 décembre 2003.
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mardi, 14 novembre 2006
Vers l'oasis.
Et les mots ne sont plus de mise
Tout hier ruisselle
Un lac salé
Craquelé de sécheresse
Et nos rides profondes
Nos failles nos fissures
Nos peaux en parchemin
Nos mains comme un fiasco
A plat, presque étonnées
Privées de mouvement
Comme des ailes inutiles, repliées :
Nous ne savons plus voler
A peine saurions nous encore marcher
De nos jambes rouillées
De nos semelles plombées
Nos lèvres resserrées
Sur des secrets d’acier
Des nuits de houle
Des coulées de lave
Pauvre et maigre barrage
Derrière le mur des lèvres closes
Les mots se pressent
S’oppressent
Ceux qui s’échappent sont des brûlots
Des galets incandescents
Des flammes assassines
Au sol, retombent en petits cailloux secs
Arides et stériles
Désert de pierres
.
Parfois pourtant, quelques lichens et le nara …
.
Il suffirait d’une pluie d’orage.
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dimanche, 05 novembre 2006
Brumes lacrymales
La mer grise, fracassée.
Marée montante, ressassée.
Elle et moi, on s’ennuie.
Sur les marches d’Ostende, je porte mes années folles,
En offrande.
C’est peu de dire que je suis une garçonne.
Au sortir de la grande guerre, j’ai taillé mes cheveux, vécu de jazz et de Martini Drink, skié sur les pentes au pied du Mont Blanc, grillé mes étés brûlants sur les plages de Saint-Tropez…
Ma fille n’a pas connu son père, elle est née libre, comme je l’étais : j’avais lu tout Tristan Tzara.
L’année 29 a sonné la fin du jeu.
A Ostende : le retour.
J’ai usé ma vie jusqu’à la corde, de long drink en long drink, mais la maladie qui m’emporte n’est qu’un ennui mortel.
Je vais descendre un peu plus bas, glisser de quelques marches et puis c’est tout. A Ostende, j’épouse la mer du Nord.
Pour Sarah, c’est autre chose.
Elle vit en Suisse, dans une pension réputée. Sarah ne vivra pas tout ce que j’ai vécu : cette guerre meurtrière et ces années de folie.
L’Europe est en paix désormais, et pour toujours.
Je meurs jeune, mais pour Sarah, c’est décidé, elle vivra centenaire.
Pour paroles plurielles, consigne 33.
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jeudi, 02 novembre 2006
La porte
Et puis, je me réveille.
Et l’idée qui me vient de suite est que je devrais me rendormir.
Il n’y a plus d’odeur de café dans la cuisine.
Je n’irai pas à l’école aujourd’hui, comme hier et comme les autres jours d’avant.
Il faut bien pourtant que je me lève.
Il fait froid dans la maison.
J’ouvre tous les placards pour trouver encore à manger, il ne reste que des boites, il y a longtemps que le frigo est vide.
Maman est assise au bout du canapé.
Elle ne me voit pas.
Maman est partie loin dans sa tête et elle n’a pas encore trouvé la porte pour revenir ici. Mais je sais qu’elle va la trouver.
Je dois rester avec elle en attendant.
Si jamais elle me demande d’aller à l’école, je n’irai pas.
Si elle fait ça, c’est simple : je lui dis que j’appelle l’hopital et qu’ils vont venir la chercher.
Alors, elle se tait et je reste.
Des fois, mamie téléphone et je lui dis que ça va.
Parce que, sinon, je sais qu’elle viendra me prendre maman pour l’amener à l’hopital et qu’après, je devrais dormir chez mamie.
Mamie, elle est méchante : elle veut me prendre ma maman.
Moi, je sais bien ce que je dois faire : je dois attendre que maman trouve la porte pour revenir, et alors, je serai là.
Photo : légendes oubliées
00:35 Publié dans Noir | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
dimanche, 22 octobre 2006
L’Etendard.
A la fin, il n’est plus temps de se retourner.
.
Il y a bien pourtant tous ceux qu’on a laissés derrière soi,
Assoupis,
Au hasard,
Au pire abandonnées
.
Tous ceux dont on nous disait qu’ils étaient terroristes
Ou bien pirates
Et qui au fond n’étaient jamais que de piètres corsaires
Et leurs sanglants étendards
De pauvres chiffons rougis
.
Tous ceux qu’on a laissés bien seuls
Au centre de leurs arènes
Devant des gradins vides
Tout résonnant de crimes anciens
Sans plus aucun témoin
.
Tous ceux qu’on a aimés pourtant
Et qui ne l’ont pas su
Et qui ne l’ont pas cru
Qui sont là-bas, perdus
.
C’est parce qu’un jour, le temps ne nous suffisait plus,
Qu’il nous fallait, ailleurs, gagner d’autres combats
Rejoindre d’autres pistes
.
Et toujours : avancer.
Photo : Lumière au pays noir
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mardi, 10 octobre 2006
Monochromie : rouge.
Je regardais flotter les ombres et les défunts dans le liquide rouge, trop rouge, éosine, mercurochrome…
Penser les plaies.
Les repenser.
Assise, je t’attendais.
Je ne sais pas où était l’enfant.
Quelque part dans la maison.
Parfois, elle venait encore jusqu’à moi, elle avait faim, elle avait soif, ou des devoirs à faire…
Je lui répondais à peine.
Elle a du finir par se débrouiller.
Toi, tu devais être ailleurs. Et même quand tu revenais, tu ne revenais pas vraiment.
Et puis un jour, les ambulances sont arrivées.
Ils m’ont emmenée dans cette chambre. Ici, je t’attends encore, mais je sais bien que tu ne viendras pas.
Je ne sais pas où est passé l’enfant.
Ici, ils disent qu’ils me soignent.
Je sais bien que ce n’est pas vrai...
00:50 Publié dans Noir | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : ecriture
dimanche, 08 octobre 2006
D’ordinaire…
Le problème, c'est que me voilà entraînée sous une pluie du Nord, glaciale et secouée, dans une nuit noire et des terres inconnues ; comme si je n'avais pas assez des crachins océaniques qui se multiplient à l'envi, finissent par m'imbiber la moelle et les neurones.
Non, pas le cœur. (Menteuse)
Je rentre aussi misérable qu'avant pourtant, aussi misérable, vraiment.
Pas lavée pour deux sous.
Une suie grasse et gluante me colle à la peau : une couche épaisse de petits malheurs et de petits quotidiens, de petits objectifs et de petites gens.
Un manteau lourd de bêtise ordinaire, de honte grise, de sotte indécision, d’affligeante banalité.
Ne vous est-t-il jamais venu à l’esprit que j’étais juste quelqu’un comme les autres, quelqu’un de banal et de faible, d’indécis et de partagé, un être mauvais en somme, installé dans un confortable « ni, ni », tempéré, sans excès, pareil à ce sacré climat d’Anjou…
Photo : Louise ; en écho à une note de Porte-paroles
00:55 Publié dans Noir | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : écriture
samedi, 07 octobre 2006
Le grand vide
Et par-dessus l’épaule, jeté à la mer
Comme l’aube turquoise dans l’élan,
Les nuées blanches coulaient à l’océan
Là-haut, sur la sombre falaise
Au carré d’une fenêtre, une braise
Brillait encore de l’éclat de cristal d’une nuit d’ivresse
Reclus dans ses barrières de paresse
Verre à la main,
A trembler son avenir, ses lendemains
A boire sa vie jusqu’à la lie
Sombre épouvantail en charpie
Le sort en était donc jeté
Pantin raidi, affolé
Même pas peur aux oiseaux
Les goélands menaçants : des fanaux
Fin de siècle, fin de temps
Une main tendue pourtant
Comme un dernier défi
Vers ce ciel qui blêmit
Dans le vide
Le grand vide
...
Comme si demain …
Pour paroles plurielles, consigne 31.
Montage photo : Alainx
00:15 Publié dans Noir | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : ecriture, poesie




