samedi, 16 décembre 2006

Quand j’étais laide.

medium__87806343_triste_H152527_S.jpg Quand j’étais laide
que tu ne m’aimais plus, c’était hier et
je m’en souviens si bien…

(Ecoute, souviens-toi)

J’ai coupé mes cheveux, mis des dentelles.
Des bas et des jarretelles,
des corbeilles roses et noires.
Et toi, tu n’as rien vu.

(Je mens, là, je sais que tu l’as vu)

Les dentelles et les bas
Ce n’était que falbalas
des dentelles apposées,
rouge comme le clown, son nez
dans le ridicule, je me suis enfoncée.

Quand j’étais laide
que tu ne m’aimais plus, c’était hier et
je m’en souviens si bien

Un jour sur le plancher, je me suis étendue.
Bien sûr, tu n’es jamais venu.
J’ai fini par comprendre combien j’étais laide
De n’être pas désirée, pas désirable.

(J’ai renoncé)

Et puis, le temps, sans doute
le temps des regrets et des doutes
les vieux souvenirs qui affleurent,
la fin des illusions, les derniers combats…

Quand j’étais laide
que tu ne m’aimais plus, c’était hier et
je m’en souviens si bien…

Qui de nous deux s’est enfui de l’autre ?
La belle question suspendue, à jamais sans réponse.
Aujourd’hui, je suis belle et tu croyais revenir
Tu pleures ?


        C’est une chanson trop mélo, il lui manque la bassesse et la honte, il lui manque l’humiliation et le goût amer du ridicule.

Merci à Jean Pol pour le refrain, Joye, tu nous la chantes ?

Joye vous la chante, c'est là :


podcast (Merci encore, Joye)

mercredi, 13 décembre 2006

Le cri

medium_edvard_munch.gif C’est de partout que proviennent les cris.

Du dedans, du dehors

J’ai beau plaquer mes mains sur mes oreilles

Ça bourdonne

C’est de partout que proviennent les cris

En vagues

Le son se fracasse et mon estomac se noue

Les souvenirs remontent

Des nuits passées

A me montrer comme ils sont beaux tes sentiments

C’est de partout que proviennent les cris

Je ne suis plus qu’un long déchirement

Le chien aboie la caravane passe

Sous mes pieds il y a le fleuve

Autour de moi, il n’y a plus que pleurs

En moi, il n’y a plus que moi

Qui me tord de comprendre…

Rien Il n’y a rien d’autre à dire

Je n’entends plus que ces cris

C’est de partout que proviennent les cris.

(Note inspirée par la page Google du 12 décembre)...

mardi, 21 novembre 2006

Demain sera peut-être...

medium_crue_gier_a.jpg Demain sera peut-être un jour d’anniversaire ; un de ces jours à marquer d’une pierre blanche, un de ceux dont on aime à se souvenir, comme d’un petit caillou de bonheur recueilli au fil de l’eau, accueilli au creux d’une paume…

.

Aujourd’hui, c’est juste un jour de peine.

Un de ces jours gris comme un nécessaire passage

Où presque contraint et forcé

Enjamber le gué

Sans trop pleurer

Il y a déjà tant d’eaux autour de nous

Tant de pluie du ciel

Tant de rivières en crues

Tant d’océan de larmes

Et de rives effondrées…

.

Demain sera peut-être un jour d’anniversaire…

 

 

Pour les impromptus littéraires  ; Photo : crue du Gier le 2 décembre 2003.

mardi, 14 novembre 2006

Vers l'oasis.

medium_nam07.jpg En nous, le temps se creuse

Et les mots ne sont plus de mise

Tout hier ruisselle

Un lac salé

Craquelé de sécheresse

Et nos rides profondes

Nos failles nos fissures

Nos peaux en parchemin

Nos mains comme un fiasco

A plat, presque étonnées

Privées de mouvement

Comme des ailes inutiles, repliées :

Nous ne savons plus voler

A peine saurions nous encore marcher

De nos jambes rouillées

De nos semelles plombées

Nos lèvres resserrées

Sur des secrets d’acier

Des nuits de houle

Des coulées de lave

Pauvre et maigre barrage

Derrière le mur des lèvres closes

Les mots se pressent

S’oppressent

Ceux qui s’échappent sont des brûlots

Des galets incandescents

Des flammes assassines

Au sol, retombent en petits cailloux secs

Arides et stériles

Désert de pierres

.

Parfois pourtant, quelques lichens et le nara …

.

Il suffirait d’une pluie d’orage.

dimanche, 05 novembre 2006

Brumes lacrymales

medium_7846208_p.2.jpgLa mer grise, fracassée.

Marée montante, ressassée.

Elle et moi, on s’ennuie.

Sur les marches d’Ostende, je porte mes années folles,

En offrande.

C’est peu de dire que je suis une garçonne.

Au sortir de la grande guerre, j’ai taillé mes cheveux, vécu de jazz et de Martini Drink, skié sur les pentes au pied du Mont Blanc, grillé mes étés brûlants sur les plages de Saint-Tropez…

Ma fille n’a pas connu son père, elle est née libre, comme je l’étais : j’avais lu tout Tristan Tzara.

L’année 29 a sonné la fin du jeu.

A Ostende : le retour.

J’ai usé ma vie jusqu’à la corde, de long drink en long drink, mais la maladie qui m’emporte n’est qu’un ennui mortel.

Je vais descendre un peu plus bas, glisser de quelques marches et puis c’est tout. A Ostende, j’épouse la mer du Nord.

Pour Sarah, c’est autre chose.

Elle vit en Suisse, dans une pension réputée. Sarah ne vivra pas tout ce que j’ai vécu : cette guerre meurtrière et ces années de folie.

L’Europe est en paix désormais, et pour toujours.

Je meurs jeune, mais pour Sarah, c’est décidé, elle vivra centenaire.

 

Pour paroles plurielles, consigne 33.

jeudi, 02 novembre 2006

La porte

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Et puis, je me réveille.

Et l’idée qui me vient de suite est que je devrais me rendormir.

Il n’y a plus d’odeur de café dans la cuisine.

Je n’irai pas à l’école aujourd’hui, comme hier et comme les autres jours d’avant.

Il faut bien pourtant que je me lève.

Il fait froid dans la maison.

J’ouvre tous les placards pour trouver encore à manger, il ne reste que des boites, il y a longtemps que le frigo est vide.

Maman est assise au bout du canapé.

Elle ne me voit pas.

Maman est partie loin dans sa tête et elle n’a pas encore trouvé la porte pour revenir ici. Mais je sais qu’elle va la trouver.

Je dois rester avec elle en attendant.

Si jamais elle me demande d’aller à l’école, je n’irai pas.

Si elle fait ça, c’est simple : je lui dis que j’appelle l’hopital et qu’ils vont venir la chercher.

Alors, elle se tait et je reste.

Des fois, mamie téléphone et je lui dis que ça va.

Parce que, sinon, je sais qu’elle viendra me prendre maman pour l’amener à l’hopital et qu’après, je devrais dormir chez mamie.

Mamie, elle est méchante : elle veut me prendre ma maman.

Moi, je sais bien ce que je dois faire : je dois attendre que maman trouve la porte pour revenir, et alors, je serai là.

Photo : légendes oubliées

dimanche, 22 octobre 2006

L’Etendard.

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A la fin, il n’est plus temps de se retourner.

.

Il y a bien pourtant tous ceux qu’on a laissés derrière soi,

Assoupis,

Au hasard,

Au pire abandonnées

.

Tous ceux dont on nous disait qu’ils étaient terroristes

Ou bien pirates

Et qui au fond n’étaient jamais que de piètres corsaires

Et leurs sanglants étendards

De pauvres chiffons rougis

.

Tous ceux qu’on a laissés bien seuls

Au centre de leurs arènes

Devant des gradins vides

Tout résonnant de crimes anciens

Sans plus aucun témoin

.

Tous ceux qu’on a aimés pourtant

Et qui ne l’ont pas su

Et qui ne l’ont pas cru

Qui sont là-bas, perdus

.

C’est parce qu’un jour, le temps ne nous suffisait plus,

Qu’il nous fallait, ailleurs, gagner d’autres combats

Rejoindre d’autres pistes

.

Et toujours : avancer.

 

Photo : Lumière au pays noir

mardi, 10 octobre 2006

Monochromie : rouge.

medium_americano2.jpg A la fin, chaque soir, j’étais assise au coin de la terrasse, repliée contre la barrière de métal rouillé, à gratter de l’ongle de l’index gauche les petits éclats de peinture blanche ; à siroter de la main droite une soupière d’Americano.

Je regardais flotter les ombres et les défunts dans le liquide rouge, trop rouge, éosine, mercurochrome…

Penser les plaies.

Les repenser.

Assise, je t’attendais.

Je ne sais pas où était l’enfant.

Quelque part dans la maison.

Parfois, elle venait encore jusqu’à moi, elle avait faim, elle avait soif, ou des devoirs à faire…

Je lui répondais à peine.

Elle a du finir par se débrouiller.

Toi, tu devais être ailleurs. Et même quand tu revenais, tu ne revenais pas vraiment.

Et puis un jour, les ambulances sont arrivées.

Ils m’ont emmenée dans cette chambre. Ici, je t’attends encore, mais je sais bien que tu ne viendras pas.

Je ne sais pas où est passé l’enfant.

Ici, ils disent qu’ils me soignent.

Je sais bien que ce n’est pas vrai...

dimanche, 08 octobre 2006

D’ordinaire…

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Le problème, c'est que me voilà entraînée sous une pluie du Nord, glaciale et secouée, dans une nuit noire et des terres inconnues ; comme si je n'avais pas assez des crachins océaniques qui se multiplient à l'envi, finissent par m'imbiber la moelle et les neurones.

 

Non, pas le cœur. (Menteuse)

 

Je rentre aussi misérable qu'avant pourtant, aussi misérable, vraiment.

Pas lavée pour deux sous.

Une suie grasse et gluante me colle à la peau : une couche épaisse de petits malheurs et de petits quotidiens, de petits objectifs et de petites gens.

Un manteau lourd de bêtise ordinaire, de honte grise, de sotte indécision, d’affligeante banalité.

 

Ne vous est-t-il jamais venu à l’esprit que j’étais juste quelqu’un comme les autres, quelqu’un de banal et de faible, d’indécis et de partagé, un être mauvais en somme, installé dans un confortable « ni, ni », tempéré, sans excès, pareil à ce sacré climat d’Anjou…

 

Photo : Louise ;  en écho à une note de Porte-paroles

samedi, 07 octobre 2006

Le grand vide

medium_7237235_p.jpg Au matin, le verre était vide, et lui amer

Et par-dessus l’épaule, jeté à la mer

Comme l’aube turquoise dans l’élan,

Les nuées blanches coulaient à l’océan

Là-haut, sur la sombre falaise

Au carré d’une fenêtre, une braise

Brillait encore de l’éclat de cristal d’une nuit d’ivresse

Reclus dans ses barrières de paresse

Verre à la main,

A trembler son avenir, ses lendemains

A boire sa vie jusqu’à la lie

Sombre épouvantail en charpie

Le sort en était donc jeté

Pantin raidi, affolé

Même pas peur aux oiseaux

Les goélands menaçants : des fanaux

Fin de siècle, fin de temps

Une main tendue pourtant

Comme un dernier défi

Vers ce ciel qui blêmit

 

Dans le vide

Le grand vide

...

Comme si demain …

 

Pour paroles plurielles, consigne 31.

Montage photo : Alainx

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