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mardi, 19 décembre 2006
Befana
Sur les cours et les venelles, nous avions refermé les portes de notre vieille maison.
Dans la cuisine, mijotaient les volailles et sur la table attendaient déjà les antipasti.
Dans la grande salle à manger, la table de fête était dressée, de blanc et d’or, comme chaque année.
La nona assoupie dans son grand fauteuil de velours sombre était au centre de la famille.
Le même rituel, année après année, chaque nuit du 5 janvier.
C’est Chiara, du haut de ses quatre ans qui a apporté le renouveau. La sonnette de la porte d’entrée ayant retenti, Chiara s’était précipitée. Et voilà qu’elle hurlait désormais : c’est la Befana, « Mamma, è la Befana ! »
Et en effet, derrière Chiara, petite et sombre, sale et courbée, se profilait une sorte de sorcière. Vêtements maculés, déchirés, et une odeur des rues, une odeur de vieille femme et d’oignons pourris.
« Si vous voulez » piaillait la vieille, « si vous voulez j’suis la Befana, mais là, fait froid dehors, et puis, j’ai la dalle, moi, gentes dames » !
J’ai reconnu la vieille clocharde du quartier du château, ce même château que l’on trouve à Angers…
« Nous voici donc avec une invitée inopportune » râlait nona, derrière ses vieilles dents…
« Nona, tu le sais, nono voulait toujours qu’il y ait ici une place à table pour le mendiant, une assiette de plus, l’assiette et la place sont là, nona, et ce soir, la befana se joindra donc à nous… »
Ce fut une nuit de l’épiphanie particulière, les enfants dinèrent avec la befana, personne n’eut de morceau de charbon, dans la maison, il faisait doux, et je ne l’ai jamais oublié …
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Pour les impromptus littéraires
00:05 Publié dans Outremer | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : écriture




Commentaires
je connais cette tradition (la Befana) par la bouche d'une petite fille qui appelle son arrière-grand-mère Nonina... mais sa grand-mère mamie !
Ecrit par : marie.l | mardi, 19 décembre 2006
la befana viene di notte,
con le scarpie tutte rotte
col vestido da romana.
Viva, viva, la befana. mais il manque le balai
Ecrit par : brigetoun | mardi, 19 décembre 2006
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