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jeudi, 30 novembre 2006

Vous reprendrez bien quelques mots ?

medium_b_je.jpgLe mot de l'enfance jongle et se distord

A le répéter inlassablement, à le mastiquer,

Il n'a pas plus de sens que d'objet

Le mot est vide

Il est syllabes vaines rebondissantes

Il est son, écho, ping pong.

 

Ensuite, les mots s'enchainent

En discours

Pas même le jeu des sonorités : rien.

 

Et puis, le mot se terre

En silences bavards

Il fait grand jour

Il est déjà bien tard ; le moment du mot le plus triste :

Impossible.

 

Alors, le mot surprend la nuit 

La berce de voiles légers,

de mots tendres,

Dans un souffle de verre :

 

Tu m'as manqué, tu sais ? 

 

mardi, 28 novembre 2006

Il faut se méfier des mots...

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J’ai fait un rêve, un drôle de rêve :

J’avais dans la nuit deux cent mots à avaler.

Pas un de plus, pas un de moins.

C’était les mots de mes vieilles amarres qu’il me fallait un à un dévorer si je voulais quitter le port.

Mais les mots se jouaient de moi.

Lapsus calami sur lapsus calami, sans cesse l’un pour l’autre.

Les consonnes doubles disparaissaient et en voulant embrasser, ma bouche s’embrasait,

Je pleurais ce brasier et de mes larmes naissaient des baisers.

Tous mes mots, maudits mots, maux dits mots s’en mêlaient, s’emmêlaient à chaque coin de langue.

De les cracher, les expulser j’étais tentée, mais je devais au contraire les contraindre, les mâchonner…

J’ai donc du me baillonner, mais c’est qu’à force, tous ces mots finissaient par me ballonner.

Je craignais l’indigestion, voire même, la pire des constipations.

Le serpent avalé, surgissait la couleuvre, bien plus longue et plus grasse, sans compter tous ces mots savants qui sont vraiment très indigestes !

Essayez donc d’avaler l’hypothalamus sans oublier un seul " h ", ni bien sûr sans le hacher en petits menus morceaux !

Au matin, écoeurée, j’ai vomi ce petit texte, c’est sorti tout seul…

Pour les impromptus littéraires : thème "jai fait un rêve en 200 mots"

lundi, 27 novembre 2006

Au bord de ses envies.

medium_Maurice_1.2.jpgOn devrait se jeter à l'eau.

D'envie

Ne pas rester ainsi, assis au bord de l'eau,

Au bord de ses envies 

Assis sur les bords de la vie

A regarder couler le flot

Des autres

Au matin, jeter sur son visage une eau glacée

Pour, cinq minutes, se sentir vivant et puis

Les gestes rituels

Café noir

Et boulot

Un matin, se jeter à l'eau

Au fil de ses envies.

 

                                                                                    

                                                                                                    

samedi, 25 novembre 2006

37°2 le matin.

medium_plage-retouches-chalet-gruissan-narbonne-180167.jpegTramontane. J'ai oublié la tramontane. Elle a resurgi ce matin avec ce vent qui rend fou. Celui qui pleure, plaque vos vêtements d'automne sur un ventre creux.

La tramontane est revenue. Et les pilotis des maisons de la plage. Le sable cinglant en longs tourbillons hurlants qui rend la mer inaccessible.

Un été dos à la mer.

En boule, sur la terrasse de la maison de bois, sur l'arrière, là où meurt la tramontane à bout de souffle fracassée par la façade qui regarde le large. L'enfant qui grandit dans mon ventre n'entend rien des pleurs et des cris du vent. Il sait pourtant déjà l'absence et le silence, dos à la mer...

Et le soleil, pourtant, et le soleil, pourtant ...                                                                

 

vendredi, 24 novembre 2006

Ruse des vents

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La ruse des vents ? Des tourbillons, des rafales soudaines et tout ce que tu crois qu’elles emportent.

Oui, mais parfois, le vent n’emporte rien.

La ruse des vents, c’est peut-être plutôt ce que ces grandes rafales déposent d’incongru.

Les monceaux de neige en congères accumulés par la burle mordante sur les plateaux sauvages, le sable du désert abandonné par le foëhn au pied des Alpes : rougeoyantes terres de Mars…

La ruse des vents de sable ? Vous aveugler, gorger vos lèvres et vos narines d’éclats d’arcs de soudage cinglants et crépitants.

La ruse du mistral ? Traîner sa queue jusque dans les monts du Lyonnais, dégrafer quelques tuiles romanes au passage, et vous faire croire au midi.

Mais ce n’est pas le midi.

La ruse finale des vents, c’est de se taire soudain et de mourir et de vous laisser pantois, bras ballants, attendant la tempête qui finira bien par revenir.

Puis par vous emporter.

jeudi, 23 novembre 2006

Les fêtes foraines

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Juste : un petit grain de sable

Un vinyle qui s’enraye

Et ce craquement répété

Sur la même syllabe

Encore et toujours la même syllabe

Le temps qui s’arrête…

.

Rose des vents

                Et

Changement de cap

.

Partager ce goût commun pour les grandes illusions

Et l’évaporation

Les fêtes foraines

Et l’éphémère.

mercredi, 22 novembre 2006

Demain sera sûrement …

medium_angers_moisson_sang.jpg Demain sera sûrement un jour d’anniversaire ; un de ces jours à marquer d’une pierre blanche, un de ceux dont on aime à se souvenir, comme d’un petit caillou de bonheur recueilli au fil de l’eau, accueilli au creux d’une paume… 

.

Aujourd’hui, un doux soleil d’automne caresse mon épaule

Au travers des fenêtres.

Un chaud soleil d’automne indien,

Un de ceux, bête et joli

Des lendemains qui chantent

Un rayon de soleil comme un passage,

De gué à gué

Des ailes m’ont poussé

Des ailes d’ange divine :

Il y a tant de petits bonheurs

Et tant d’amour à partager

Tant de plaisir

En fruits confits et papillotes de sucre :

.

Demain sera sûrement un jour d’anniversaire…

mardi, 21 novembre 2006

Demain sera peut-être...

medium_crue_gier_a.jpg Demain sera peut-être un jour d’anniversaire ; un de ces jours à marquer d’une pierre blanche, un de ceux dont on aime à se souvenir, comme d’un petit caillou de bonheur recueilli au fil de l’eau, accueilli au creux d’une paume…

.

Aujourd’hui, c’est juste un jour de peine.

Un de ces jours gris comme un nécessaire passage

Où presque contraint et forcé

Enjamber le gué

Sans trop pleurer

Il y a déjà tant d’eaux autour de nous

Tant de pluie du ciel

Tant de rivières en crues

Tant d’océan de larmes

Et de rives effondrées…

.

Demain sera peut-être un jour d’anniversaire…

 

 

Pour les impromptus littéraires  ; Photo : crue du Gier le 2 décembre 2003.

lundi, 20 novembre 2006

Lâcher-prise

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La pluie en lourds paquets lessive les volets

A trois heures ce matin

Sous l’œil ironique des chiffres rouges du réveil

Dans cette chambre noire

Lâcher-prise

Basculer

Je n’ai plus peur de rien

Je slamme

Portée d’un bout à l’autre de la fosse par des centaines de bras

En confiance

Dis moi encore ce qui est possible autrement, tous ces possibles

Tout ce que les autrement contiennent

Et les barrières qui tombent

Et les murs qui s’écroulent

Accepter le vertige et les genoux qui flanchent

Regarder le vide immense et tout ce bleu autour

Au matin le soleil de novembre revenu,

Lâcher-prise

Basculer.

dimanche, 19 novembre 2006

Tout va bien.

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J’entrouvre d’abord un œil

Puis l’autre.

Le soleil parvient jusque là.

Ensuite, je soulève lentement ma tête du sol, et m’appuyant sur l’avant-bras, je redresse le buste.

Me voilà assise.

Bien, jusqu’ici, tout va bien.

Je regarde mes mains

J’écarte mes doigts, un à un

Je fais jouer chaque articulation, lentement.

Oui, tout va bien.

La terre est encore là.

Elle tourne encore.

Je replie le genoux droit, le pied posé bien à plat sur le sol. Je pousse simplement sur la jambe droite, et

Me voilà debout.

Tout va bien.

Je suis debout.

Je regarde au loin, droit devant.

Je tente un pas, encore un autre, doucement tout de même, doucement…

Oui, tout va bien.

Je passe la main dans mes cheveux.

Je touche le bout de mon nez, glisse index et majeurs sous mes yeux, en virgule, termine les paumes en coupe, de chaque côté du visage...

Un peu décontenancée, à peine.

Bien, jusque là tout va bien. Amen.

 

 

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