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mercredi, 01 novembre 2006
Rotonde
Tous les rails s’achèvent dans la grande rotonde.
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Locomotives abandonnées
Voies de garage
Sous la verrière
Le soleil pale
Les années de poussière
Les strates et les scories de l’attente.
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Funambule.
Sur l’arête de la vie
Balancier.
Et l’attente d’un nouveau départ,
A quai.
Surtout ne pas tomber (en panne)...
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Le dernier round n’a pas sonné.
T’avances, toujours t’avances.
Une station de plus
Un voyage à nouveau
Et tous les passagers,
Et tous les voyageurs …
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A la sortie du long tunnel,
Tous les rails t’emportent vers de nouvelles rotondes.
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00:00 Publié dans Gris clair | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ecriture, poesie
mardi, 31 octobre 2006
Les plages de l’automne
Etourdie par les plaintes lancinantes de ces craquements monotones, je pousse les volets contre la façade fanée de la maison des Sables et je regarde l’océan.
Octobre finit sa course en pente douce, la plage déserte glisse vers la mer grise, étale.
A midi, le soleil a fini par lâcher prise et s’est couvert d’un voile épais.
A la fin, tu ne sais plus ce qui te pénètre ainsi : les embruns, la bruine, la brume, les grains de sable ?
Demain, c’est novembre et le temps recommencé des bottes en caoutchouc et des cirés jaunes le long des grèves ternes.
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J’ai longtemps cherché sur le sable nos dernières empreintes.
Nos rires et nos balades, nos deux mains, nos regards…
Tu sais déjà que je n’ai rien retrouvé.
Tu sais déjà le destin des châteaux de sable.
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Au bar du port, le vieux juke-box enchaîne sur « Aline »,
Et c’est vrai qu’il a tant plu sur cette plage…
Avant l’été, j’aurais pu te le dire, déjà.
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Les plages d’automne sont toujours les plages des souvenirs perdus.Avides de départ et d’adieux.
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A l’heure d’hiver, la nuit tombe bien vite sur les marées montantes.
J’ai resserré contre moi les pans de mon caban et puis
J’ai tiré les persiennes
Mis le crochet
Fermé la maison des Sables
Volets clos :plages d’automne…
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00:35 Publié dans gris foncé | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : écriture, poesie
dimanche, 29 octobre 2006
Les lavandières
C’est entre chien et loup, qu’à la lueur des phares, la brume s’est incarnée en halo cotonneux,
Blanchâtre effiloche, empêtrée à demi-tronc des grands chênes.
Là-haut, seules les plus hautes branches s’évadent
Sombres et franches, apposées sur un ciel de chine...
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Alors, j’entends claquer les lourds battoirs à linge :
C’est l’heure maudite des lavandières
Elles frappent en cadence la pierre à laver
Des vieux lavoirs oubliés.
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Je vois leurs longues mains décharnées,
Leurs yeux trop clairs, bleu minéral
Agathes translucides
Dames blanches, pieds nus et chevelures de neige.
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Condamnées pour l'éternité à laver les linceuls des morts
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Histoires de la lande et de la brume
Au cœur des marais cette nuit
Folâtrent les feux follets
Des livres de conte de mon enfance.
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Illustration : Les lavandières de la nuit. Yan'Dargent.
00:25 Publié dans Gris clair | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : ecriture, poesie
samedi, 28 octobre 2006
Message personnel
(Puisque ce soir, je ne serai pas là…)
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Il faudrait pouvoir graver toutes les raisons qui font
Qu’il y a chaque jour un peu de toi
Qui résonne en nous
Qui chemine dans nos cœurs
Même si nous sommes loin désormais.
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Les rats des bords de Saône,Et les péniches,
Les lumignons des prisons de Lyon,
.
Le plus important surtout :
Le courage et l’amour
Et ce petit (gros) grain de folie
Qui fait de toi une femme debout
Malgré tout.
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Tout ce qui fait que nous t’aimons
Et qui ne sait pas s’écrire
00:15 Publié dans Outremer | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : écriture, poésie
vendredi, 27 octobre 2006
Chronique d’un quartier ordinaire.
J’arpente encore pour quelques semaines les rues trop rectilignes du quartier où je travaille.
Rues et squares tracés au cordeau entre les barres d’immeubles aux couleurs défraîchies.
Plaques de béton vert bouteille ou gris souris, roses délavés, balcons encombrés de vieux matelas, boites à chat et serpillières…
Les caravanes, stockées là en attendant l’été, comptent par dizaines les séjours en campings aux Sables, plastiques dépolis et vieillis par les embruns. Les voitures peinent sous des carrosseries ternes et souvent multicolores : capots enfoncés, portes remplacées au petit bonheur la chance ... Des grigris pendent aux rétroviseurs et des boules de bois ornent les sièges côté conducteur. Il ne manque que le chien qui bouge la tête à l’arrière de l’auto…
Les femmes d’ici marchent courbées, tirant sur leur cigarette, qui traînant un caddy écossais, qui poussant un landau que l’on se passe et se repasse de naissance en naissance.
Les femmes d’ici n’appellent pas leurs caleçons des « leggings » ni leurs vêtements démodés des « vintages ». Elles traversent la cité de sorties d’écoles en retour chez soi en passant par la supérette basique du quartier. Corps déformés, alourdis, pas ralentis, cheveux trop colorés, visages trop maquillés.
Les femmes d’ici portent sur elles la fragilité de leurs vies.
Je vais quitter ce quartier bientôt, pour un autre qui lui ressemble, et ou se promèneront les mêmes femmes...
Et il y en a tant d’autres, dans tant d’autres villes et dans tant d’autres pays.
Juste une chronique très ordinaire d’un quartier très ordinaire…
Juste un petit truc inutile, en passant...
00:00 Publié dans gris foncé | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : écriture
jeudi, 26 octobre 2006
Bleu fauve.
Et le vent, en tempête, a lessivé le ciel d’octobre.
L’air est devenu transparent, léger.
A l’arrière de l’auto, de droite et de gauche, les petites têtes fauves vacillent.
Peu à peu, s'abandonnent ...
Les paupières lourdes de Lilith se ferment sur le noir de ses grands yeux, et le petit pirate laisse ses cheveux coupés de frais caresser son épaule droite.
Ils dorment.
Le temps de l’apaisement.
Ils ne se réveilleront qu’à l’entrée du garage, moteur coupé, privés du ronronnement régulier qui les berce.
Pourtant, ils garderont encore les yeux fermés.
Ils poursuivront le voyage pour de faux, attendant dans un demi-sourire retenu que j’ouvre les portes et que je les appelle ; espérant peut-être que je les soulève et que je les emporte, endormis pour du beurre, jusqu’à ce que leurs narines repèrent les odeurs tièdes de la maison retrouvée.
Comme avant, quand ils étaient vraiment petits.
En confiance, pleine et entière.
…Ainsi, s’endormir et se laisser porter…
00:25 Publié dans Outremer | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : écriture
mercredi, 25 octobre 2006
Tu m’emmènes à la vogue ?
Voir les lumières la nuit qui recouvrent la ville
Du haut de la grande roue
Balancer
En attente, suspendue
Et les cris, les hurlements des filles
Dans la chenille
Lorsque la bache se referme
Puis qu’elle repart en arrière
En virant
A toute allure
Encore un tour gratuit
Pour celle qui criera le plus fort !
Laisser longtemps dans la bouche
Fondre le sucre de la barbe à papa
S’acharner sur le caramel dur des pommes d’amour
Un tour au stand de tir
Et ramener un affreux chat de peluche mitée
…
Il n’y a plus de vogue.
A peine quelques fêtes foraines
J'ai du grandir trop vite
je n'ai rien vu venir ...
00:10 Publié dans Outremer | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : ecriture, poesie
mardi, 24 octobre 2006
Pour ne pas laisser le bonheur en paix.
Page blanche :
Alors, j’ai choisi de bloguer plutôt que d’écrire
Car, la peur est toujours là, constante
Jolie fuite que le blog :
Ces petits jeux de mots, un peu facile
Ce petit public, un peu captif
Et me voilà, bien cachée de moi-même
A éviter ainsi de me mettre en danger
A faire semblant d’écrire.
Ecran vide :
Et pourtant parfois, cet écran vide me pèse
Ce jeu de remplissage quotidien
Et qui est donc passé aujourd’hui ?
Et qui donc viendra demain ?
Qui est debout derrière l’écran ?
Ou bien couché ?
Qui me dira ?
Qui saura ?
Vide.
Et autres miroirs.
Echos et résonnances
Et lire chez d’autres ce que l’on n’a pas osé dire
Ailleurs, retrouver sa peur
Entière, vivante
Parfois une étincelle, lui faire face
Finalement
Arrêter l’ordinateur
S’attaquer au repassage
Des chemises
Repasser
Pas penser.
...
Il y a bien longtemps déjà
Que le miroir que tu me tends
N’a plus de tain
Et que je passe au travers
Fantôme, passe-muraille.
.
(de nouveau en convention, je vous laisse le thème des impromptus littéraire de cette semaine ...)
00:55 Publié dans la couleur de l'absence... | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : ecriture, poesie
lundi, 23 octobre 2006
Loin de Marchienne-au-Pont
Bien loin de Marchienne-au-Pont en tous cas, ce dimanche, et même de mes terres noires.
A dessein, je me suis perdue au fil des routes de campagne.
Le vent chaud s’est levé, portant ses bordées d’océan, il souffle ici comme une douceur de fin d’été, malgré le gris plomb du ciel trop bas.
Les petites départementales s’enchaînent et vrillent la campagne.
Un labyrinthe.
Toujours des champs à perte de vue, juste coupée par des volées d’arbres.
Ici, nul drapeau rouge, pas de crassier, pas de cheminée, pas d’usine : des fermes.
Au Rossay Basse-Cour succède le Rossay château, et plus loin, le château des Brosses et puis encore, celui du village, et enfin, celui de la Plesse. Chacun proprement signalé par un petit panonceau vert sombre bien nettement planté au début de l’allée privée qui les dessert.
Des dentelles de pierres grises et ocres sous des envolées d’ardoises, des hectares de parcs lisses et d’allées de graviers, d’étangs bordés de roselières, de pelouses bordées de catalpas…
Je ne sais rien des combats de ce pays, je sais simplement qu’ils sont anciens, comme oubliés et plutôt couleur de lys.
Peut-être logés au creux des nombreux calvaires ou derrière les rideaux de peupliers.
C'est un pays silencieux.
Loin des rumeurs de l’acier et des crissements des tramways.
Un pays de terres brunes et de roseaux violacés.
C'est l'étranger.
00:45 Publié dans Gris clair | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : ecriture
dimanche, 22 octobre 2006
L’Etendard.
A la fin, il n’est plus temps de se retourner.
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Il y a bien pourtant tous ceux qu’on a laissés derrière soi,
Assoupis,
Au hasard,
Au pire abandonnées
.
Tous ceux dont on nous disait qu’ils étaient terroristes
Ou bien pirates
Et qui au fond n’étaient jamais que de piètres corsaires
Et leurs sanglants étendards
De pauvres chiffons rougis
.
Tous ceux qu’on a laissés bien seuls
Au centre de leurs arènes
Devant des gradins vides
Tout résonnant de crimes anciens
Sans plus aucun témoin
.
Tous ceux qu’on a aimés pourtant
Et qui ne l’ont pas su
Et qui ne l’ont pas cru
Qui sont là-bas, perdus
.
C’est parce qu’un jour, le temps ne nous suffisait plus,
Qu’il nous fallait, ailleurs, gagner d’autres combats
Rejoindre d’autres pistes
.
Et toujours : avancer.
Photo : Lumière au pays noir
00:20 Publié dans Noir | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : écriture, poésie



