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vendredi, 01 septembre 2006
Des eaux...
Je pensais naviguer bien seule,
Qu’à mes mots amers
Le temps ferait un lourd linceul
Qu’il était déjà tard, peut-être un peu l’hiver…
Mais ces sons perdus qui hurlent, et
Je respire ces élans disloqués, ces vagues fracassées
Dans les brumes et le givre alors, je lance quelques mots
D’amertume, de colère, de peines et de brisures…
Parfois pourtant, les heures s’apaisent
Les eaux se mêlent à la verdeur d’un lac
Pâle, lisse, plat
Lunaire à force d’être serein,
A peine la surface bruissant
Du vol de l’anophèle…
Les heures s’ennuient
Comme des ans
Au fond du lac gît une enfant,
Un ogre, un monstre marin
Que sais-je ?
Je cherche mes mots les plus noirs,
Mes heures grises,
Mes coulées de lave,
Mes couleurs fortes
Ma haine.
Mais…
L’enfant du lac s’est endormie
Sur la rive, le phare est une petite lanterne
A grapiller de nuit quelques écrevisses translucides
Va savoir ce qui pourrait sortir de ce chapeau…
00:00 Publié dans Rouge | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : ecriture, poesie
jeudi, 31 août 2006
La rousquille est une madeleine comme les autres.
Les rousquilles de Perpignan, ces petits palets ronds, troués au centre, vernis de sucre glace, devraient avoir un goût tendre de meringue citronnée.
Elles ont bien plus que ça.
Les rousquilles laquées de blanc ont le goût des étés sur le sable
Le goût des mois de juillet à Leucate-Plage,
Celui des goûters dans les maigres jardins méditerranéens de la maison qu’y louaient chaque année mes parents.
Les rousquilles ont le goût des mains d’enfants qui les prennent en leur centre troué avant de grignoter les bords en tournant.
C’est toute une science…
Une pensée magique, si je mens, je vais en enfer.
Ces petites roues lisses ont le goût de l’ambre solaire d’antan et de ses bouffées de bergamote.
Agrumes et bergamote comme intimité mêlée.
Le goût des immenses fossés creusés dans le sable et des tunnels qui les relient.
Les rousquilles lustrées de blanc collent aux peaux tannées à force d’être bronzées des enfants légers que nous étions, nos longues jambes brunes campées dans le sable pâle du Roussillon.
00:40 Publié dans Outremer | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : ecriture
mercredi, 30 août 2006
Un an.
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Il y a un an donc, j'avais commencé par ces mots :
Il n'y a pas de roses ...
a la roseraie pas plus que de rose elvire dans un phare sur la colline de bellevue ...
Depuis : 256 notes, y compris celle-ci, selon les stats' de Hautetfort...
Il y a surtout plein de lecteurs qui sont venus visiter le phare et que je veux remercier.
Voilà, merci à tous.
Bien, sur cet instant marqué, cette petite pause, je reprends donc ma ronde, je ne voudrais pas prendre le risque d'un naufrage en pleine terre ...
00:00 Publié dans Blanc | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
mardi, 29 août 2006
Bien sur, il pleut...
Rentrée des classes.
Bien sur, il pleut.
C’est ce qu’il faut pour pouvoir étrenner des vêtements neufs qui sentent un peu l’automne.
Depuis ce matin, je n’ai plus d’enfant à l’école maternelle.
Gabin a choisi un cartable à roulettes avec un Batman menaçant pour faire son entrée chez les grands.
Je me souviens d’avoir vu, avant, les filles partir avec des sacs plutôt roses sur le dos, et leurs longs cheveux flottants autour…
Une petite blonde il y a une douzaine d’années, une petite rousse dix ans plus tard…
Ce soir, il faudra couvrir les livres, étiqueter les cahiers.
Ce soir, il faudra surtout sourire des aventures du jour, encourager aussi, et puis, finalement, pour de bon, reprendre le rythme…
Bien sur, il pleut.
C’est ce qu’il faut pour remettre mon costume de travail, ressortir du placard le trench mastic, reprendre le chemin du bureau.
A la fenêtre, les deux boulots ont pris quelques feuilles jaunes, doucement…
Sinon, rien n’a changé.
Il n’y a aucune raison pour que quoi que ce soit ait changé.
Simplement, depuis ce matin, je n’ai plus d’enfant à l’école maternelle.00:05 Publié dans Gris clair | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : ecriture
lundi, 28 août 2006
Petits messages entre amis
A l’aube, je viens m’asseoir avec mon carnet sur ma plage.
Je marche pieds nus et j’entends chaque matin venir les mots du large.
A l’aurore ce jour la, il y a dans le sable cette bouteille bleue, échouée, ou bien posée ici en évidence, comme un message …
Je souris doucement en reconnaissant cette vodka des Charentes qui accompagne mes cocktails tardifs d’un été en pente pas si douce… vodka des Charentes , pourquoi pas Pineau russe alors ?
C’est malgré moi, presque, que je me tourne alors vers la falaise, pensant y voir le bus des suicidés finlandais prêt à faire la bascule finale.
La bouteille de vodka d’Onni Rellonen aurait traversé l’Atlantique cette nuit, comme si l’océan n’était guère plus qu’un petit lac nordique entourés d’habitants taiseux,froids et plutôt imbibés…
Dans la bouteille, je trouverai donc simplement un fond d’alcool comme le veut la tradition des habitants des rives de ce lac.
J’attrape la bouteille bleue, je vais jouer le jeu : qu’y-a-t-il à l’intérieur d’une bouteille de vodka chrarentaise échouée au matin sur une plage déserte ?
Il y a une photo enroulée tout au fond.
C’est une photo du bus de Paasilinna en équilibre précaire sur la falaise : la couverture du roman édité par Folio…
Derrière, quelques mots griffonnés :
" Je savais bien que tu penserais à lui.
Ça doit-être ça, la magie des mots…
Cherche encore, tu trouveras les tiens.
Un lecteur. "
J’ai emporté la bouteille bleue.
Elle est dans ma cuisine aujourd’hui, toujours avec la photo à l’intérieur. Venez-voir, si vous ne me croyez pas...
Pour Coïtus, thème : une bouteille dans le sable.
00:50 Publié dans Outremer | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : ecriture
dimanche, 27 août 2006
Bon, c’est pas tout ça …
T’as vu, ma fée, mon ange, ma princesse, mon loukoum, ma colombe (c’est maman qui me dit tout ça des fois, alors, je peux même te le chanter, comme elle fait!), t’as vu, je t’ai dessinée grande comme ça !
J’ai pas oublié tes grands yeux et dedans, je t’ai même mis des étoiles, des qui brillent, comme des diamants !
Je t’ai fait des grands cheveux aussi, tu sais pas, mais je te le dis, moi : ils sont doux, même des fois, plus doux que ceux de maman ! (chut, faut pas lui dire, hein ? !)
Je t’ai mis des chaussures de dame aussi, elles sont belles tes chaussures de dame, pas vrai ? !
Après, je t’ai fait de jolies mains avec une bague à chaque doigt, parce que t’es une princesse, une vraie !
Maintenant, sur le sable, je peux me coucher et te donner la main, tu vois, c’est chouette, après, je vais écarter et resserrer les jambes comme ça, ça fait des ronds dans le sable, tu vois, et je crie que tu es la plus belle des princesses de l’univers !
T’entends ?
Bon, voilà, les parents, ils veulent savoir ton nom, ils commencent à poser des questions, c’est embêtant, à la fin, c’est toujours comme ça !
Alors, je dis que tu t’appelles personne. " Cassés " je leurs dis après !
Bon, sauf que, du coup, c’est pas tout ça, ça me rappelle que la tout de suite, il faut que j’aille derrière les arbres parce que j’ai terriblement envie de faire pipi !
Pour Paroles Plurielles, consigne 28
00:05 Publié dans Outremer | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : ecriture
samedi, 26 août 2006
La fausse oronge
La fausse-oronge ne tue que les mouches, c’est heureux.
La fausse ivresse préfère le flacon
La fausse joie : un revers de médaille
La fausse-couche pleure un enfant perdu pour de bon
La fausse route étouffe de colère
La fausse note tombe du fil
La fausse relation d’octave fait hiatus
Fausse manip, peut-être pour minimiser les choses ?
Fausse mémoire et faux souvenirs : qui sait ?
Fausse planète : c’est Pluton
La fausse piste en cul de sac
Fausse donne, maldonne ou dol peut-être ?
Fausse fourrure pour fausse bourgeoise désenchantée
Fausse alerte en zone Seveso, vraie peur pourtant
Fausse monnaie et roupie de sansonnet
Impression fausse : laisse les mauvais rêves.
Le faux-jeton n’a qu’un côté pile, faux Janus
Faux-amis à l’air si doux
Faux-airs de bonheur à s’y méprendre
Faux seins siliconés sur le sable (coquillage et crustacés)
Faux procès mais vraie sanction
Faux prétexte car tout est bon
Faux-cul, faux-derche c’est du pareil au même
Faux positif et déception
Faux-semblant et faire comme si
Faux ongles et plastique manucure
Faux monnayeurs et Profitendieu
Faux et usage de faux :
L’art du faux.
Rien de plus faux que la mort.
00:50 Publié dans Rouge | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : ecriture
vendredi, 25 août 2006
Parfois, j'oublie...
Un petit mois, je crois, après ta seconde opération.
Tu es enfermée depuis ta sortie de l’hopital dans ton petit appartement neuf.
Tu me dis que tu as du mal à marcher, pour tout dire, que tu restes couchée…
Sale été, sale année …
Je voudrais pouvoir te parler de la fin des roses trémières, de leurs hautes tiges brunies au long des murs blancs ; de ce petit œillet rose que j’ai vu pointer tout à l’heure sur le ciment d’un trottoir…
Je sais que tu aimerais ça.
Te raconter qu’avec le manque de pluie, les mûres cette année, bien que noires, restent sèches et craquantes, sans une goutte de jus ; sans intérêt, les mûres, cette année, sauf le charme piquant de devoir les cueillir…
J’ai cueilli aussi de ces prunelles astringentes pour me souvenir encore de leur effet sous la langue : comme une limace qui se contorsionne sous une pluie de sel.
Je colle ça à ça :
Ces images de fin d’été et ces images de toi là-bas, isolée dans ton petit appartement.
Tu m’aurais dis sans doute qu’on les appelle aussi roses de Damas, les roses trémières, et tu aurais trouvé sur le chemin une magnifique petite fougère rouge dont tu connais le nom…
Qu’est-ce-que je peux y faire, dis ?
Te dire comme l'écrit Porte-Paroles que tu es "belle à guérir " ?
Continuer en cachette à te parler de fleurs ?
Ce sont nos vies qui courent désormais, si loin…
Parfois j’ai honte de t’oublier un peu, de t’oublier beaucoup
C’est quand j’oublie de regarder les fleurs des champs, les fruits sauvages et les arbres rabougris…
C’est bête, bêtement banal, tu sais…
00:00 Publié dans gris foncé | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : ecriture
jeudi, 24 août 2006
Joker.
Je suis en apnée au bord de l’eau
Je me tiens là, immobile à éclairer la surface lisse et luisante du lac.
Narcisse et Ophélia s’y sont déjà perdus.
A l’inspiration, ma cage thoracique se bloque
Aussi sûrement que l’ascenseur à ce palier étroit et sombre
Je ne bouge pas
Le mouvement risquerait de froisser la surface
De déplacer les lignes
De pousser les dominos
Je garde en main serrée les mikado
Joker.
Maintenant, je cours
J’enroule du bitume
De la terre ferme
J’oublie les hommes à la mer
Je suis un petit oiseau mécanique
Un oiseau à ressort dont on a tourné la clef
Et trois petits tours et puis s’en va
Tacati tacata
Il n’est pas encore inventé, la mouvement perpétuel
Ta-ca-ti … Ta-ca-ta …
Ta.
Silence.
07:10 Publié dans Blanc | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : ecriture
mercredi, 23 août 2006
Untitled
Parce que ce serait l’histoire de ce qui ne s’est pas produit.
De ce qui n’est jamais arrivé.
La non-histoire d’une non-rencontre.
Le contre-pied de la magie
Les antipodes d’une vie d’ivresse
L’antonymie d’une étoile et d’un terrien…
Et pourtant …
Au début de l’été, il y a une étoile
Et puis, il y a un Petit Prince amoureux d’une étoile.
Mais ils n’ont pas les mêmes mots, pas les mêmes sons,
Pas les mêmes odeurs
Ses élans de sable et de chêne musqué envahissent
Ses envolées d’iode salin
Comment pourrait-elle lui dire qu’elle ne supporte pas
Ses senteurs terrestres ?
A son silence si plein, à ses yeux baissés,
A sa tendresse à rebours, à ses fuites,
Il oppose son temps, son attente patiente.
Il lui parle de champignons et encore
Du mauve tendre des colchiques
Elle répond bruines et crachins
Sa peau brille déjà des futures ondées marines
D’un ailleurs retrouvé
Etoile de mer désormais, tombée du ciel …
Ainsi, colchiques et champignons signent la fin de l’été .
06:30 Publié dans Gris clair | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ecriture



