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lundi, 31 juillet 2006
Le tricouillard
... ou tricouillu, c'est selon ... je vous l'avais promis, et puis, on n'y voyait rien sur la photo, alors, pour patienter un peu et comme c'est la pause estivale, grille d'été en somme, je vous le refais, en mieux !
Vous vous promenez dans les rues d'Angers, nez au vent, profitant de la fameuse douceur angevine qui pour une fois ne crachine pas...
Arrivé place Sainte Croix, vous voilà en arrêt devant l'une des plus belles maison de la ville, la maison d'Adam, construite vers 1500 par un apothicaire du même nom :
Là, vous vous approchez, et vous découvrez sur sa façade à colombages sculptée des gargouilles émues, des sculptures bizarres autant qu'étranges, l'arbre d'Adam et Eve, un couple d'amoureux, un centaure et le tricouillard, le voilà :
vous voyez, le chérubin est bien pourvu (pas vrai, Joye ?)
Moralité ? Il faut toujours se méfier de la douceur angevine ...
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dimanche, 30 juillet 2006
Parenthèse océane
A l'heure ou vous me lisez, il parait que je suis là :
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samedi, 29 juillet 2006
Un dernier rêve pour la route…
Roulée en boule, repliée en position fœtale, Je pose ma tête sur tes cuisses et je dors. Je dors ainsi pendant deux ans,peut-être plus.
Je vis au loin.
Dans notre petite maison de bois
A l’ombre du bocage clémentais
A moins que ce ne soit une longère grisée ocrée
Les ruissellements d’eau de la piscine verte
Chantonnent jusque dans le patio ombragé doucement
D’un œil distrait
Je recouvre les ajoncs et les plantes aquatiques du bassin.
Les amis lointains sont venus partager un temps d’écriture
Il y a dans le pré, les mèches blondes de Joye, la barbe sage de Jean-Pol, la riante douceur de Christelle, les yeux verts d’Olivier, la chevelure blanche de Mariel, les vagabondages de Brigitte, la canne de marche de Stéphane, la magique présence de Nathalie …
Au soir, les enfants roux, les enfants blonds, les enfants bruns envahissent nos mots, nos écrits, de leurs éclats de rire.
Nous dînons simplement de melons sucrés et d’un rosé de Loire sous les lampions chinois. La nuit est fraîche et les grenouilles nous accompagnent jusqu’à demain.
Bon, ce n’est pas le tout, il faut que je me réveille, que je boucle les valises, demain, le phare et les roses prennent le rythme allégé des périodes estivales, et Elvire met le cap sur les rivages charentais …
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vendredi, 28 juillet 2006
Say it ain't so, Joe please …
C’est vrai que tu as fait « de longs et douloureux voyages
Avant de t’apercevoir du mensonge et de l’age » …
Dis moi juste que ce n’est pas vrai
Que la vie n’est qu’un rêve, un songe, un mensonge
Que jamais tu n’iras à Rachel, dans le Nevada
Pas plus qu’à Paris, Texas
Austin, Texas aussi…
Dis moi juste que ce n’est pas vrai
Que l’eau court toujours sous les ponts
Qu’elle n’atteint jamais l’océan
Qu’il n’existe pas d’océan
Pas de mers.
Dis-moi juste que ce n’est pas vrai
Que la nuit ne vient jamais
Que tout n’est que plein jour
Lumière, éclat, vision
Soleil …
Soleil ...
Menteur :
« Soleil cou coupé »
(petit clin d'oeil à Stéphane et à Joye au passage...)
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jeudi, 27 juillet 2006
Sorry angel, sorry so …
« Le compte avait commencé ![]()
A rebours
Etait-ce vertige déveine
Qui sait
Un voyage un aller seul
Au long cours
D’où l’on ne revient jamais »
Nous ne ferons pas machine arrière
Vents dehors, vents debouts
Les petits morceaux de nous envolés
Emportés
Les brins de pailles fragiles dans les airs enlevés
A l’arrière des machines
Essaie toujours de les rattraper
Ces mirages de nous
Ces éclats dorés
Murmurés
C’est peine perdue, c'est perdu d’avance.
Où s’est terrée la magie ?
A l’ombre des sols trop gras
Alourdis par les pluies riches
Qui verdissent nos champs fertiles
Lequel de nous s’est enfui de l’autre
Lequel de nous a trahi ?
Ah, oui, c’est vrai :
Il faut d’abord s’aimer soi-même
Il faut d’abord s’aimer soi-même ...
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mercredi, 26 juillet 2006
Les idéaux de l’Olivier.
Un monde en sourdine
Et la tête à l’envers
M’arrêter en chemin
Et poser ce regard la,
Caresser un nouvel idéal
Rêver d’un incendie
Au pied de l'olivier
Un monde neuf
A l’envers, embrasser l’écorce de l’amandier…
Ce qu’il voit dans ces yeux la ?
Une autre vie plus au sud
L’origine
Une source perdue et jamais retrouvée
Un élan
La beauté d’un pays d'où ne jamais revenir.
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mardi, 25 juillet 2006
Le postier de Latronquière
Vois-tu, ce n’est qu’un gros bourg, et tout le monde se connaît . Il fallait bien vivre ensemble après ça, et que nos enfants puissent grandir sur les mêmes bancs d’école …
Alors, c’est comme ça que nous nous sommes tus, tacitement, nous avons gardé le silence.
Il fallait bien vivre, après tout ça, vivre ensemble …
Mais maintenant, je sais bien que la fin approche, et puisque tu me le demandes…
Et puis, ils sont tous morts, ceux qui savaient, et toi, tu es né en 1943, pendant ces années la, et il faut bien que quelqu’un sache désormais …
Alors, à l’époque, j’étais postier.
C’est comme ça que j’ai su. J’ai su ce qui se passait dans le village. Les voisins qui dénonçaient leurs voisins, les fils qui dénonçaient les pères … Tu comprends, ils signaient leur courrier avant de les envoyer à Cahors, pour montrer qu’ils étaient de bons citoyens sans-doute…
Ensuite, Cahors renvoyait tout ici, sur la poste du village pour que soit fait le nécessaire …
Je ne pouvais certes pas bloquer les lettres, mais je pouvais au moins les lire.
Alors, j’ai tout lu.
Je savais qui dénonçait qui, et, à la nuit tombée, il ne me restait qu’à me glisser jusqu’à la ferme concernée pour prévenir le dénoncé. Il prenait aussitôt le maquis, c’est aussi bête que ça.
Jamais je n’ai dit qui dénonçait, et jamais personne ne me l’a demandé.
Tu comprends, on savait qu’après, il nous faudrait vivre ensemble au village…
Peu à peu, le maquis grossissait…
En 1944, je n’ai rien pu faire…
C’était la division Das Reich.
Ils sont entrés à Latronquière le 11 mai à 6 heures 30, ont brûlé et pillé les maisons. Ils ont pris 40 hommes du village et les ont emmenés ; à 8 heures, ils étaient à Lacapelle Marival, là , ils ont pris 73 hommes de plus.
La suite, tu la connais, Compiègne et puis les camps…
Alors voilà, je n’ai rien dit, et vous avez pu tous grandir ensemble, c’est bien …
C’est drôle je savais tout, simplement parce que j’étais postier…
Tu vois, je ne suis pas mécontent maintenant d’emporter définitivement cette dernière sacoche avec moi : les noms deviennent trop lourds, je me fais vieux …
(Illustration : le chemin de croix de l’église ; Pierre Delclaux)
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lundi, 24 juillet 2006
Touchée coulée...
http://porte-paroles.blogspot.com/2006/07/la-chaise-libre...
![]()
Je voudrais pouvoir l'entendre, votre chanson, et pouvoir le comprendre, le sens du pardon, je le savais hier, aujou
rd'hui, je l'ai perdu...
je ne sais plus, moi qui me vantait de ne rien savoir ... c'est un comble.
un sourire tragi comique, un clin d'oeil ironique, comment fait-on pour écrire ce qu'on pleure ? (du sel)
Touchée coulée Elvire, comme souvent à vous lire...
Eparpillée façon puzzle. (aux quatre coins de l'Anjou).
21:15 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Lignon
Alors, nous partons à la ferme, rechercher la fraîcheur des nuits d’août sur les plateaux.
Nous vivons dans trois pièces à l’étage que mes grands-parents louent pour l'été dans la ferme au bout du virage, au Pont du Cholet.
Chaque matin, nous descendons au lavoir de pierre pour puiser l'eau de la journée.
Ma grand-mère prépare sur la cuisinière à bois les champignons trouvés dans la forêt ou les truites et les vairons pêchés dans le Lignon.
Nous dînons des rigottes acides qui sèchent dans les paniers métalliques suspendus dans la pièce à vivre des Franck. Enserrée dans ses tabliers sombres et ses foulards, madame Franck est plus sèche et ridée que la plus sèche de ses rigottes...Le matin, après la traite elle nous offre un verre de lait crèmeux ... je n'aime pas ce lait tiède et gras, je le déteste mais je le bois vite ...
Je m’endors sous un gros édredon rouge, à l’écoute des bruits de la ferme et des animaux nocturnes…
Je rêve longtemps ensuite de ces marches en forêt, j'entends le bruit des bâtons heurtant le sol, fouillant l’humus pour dégager les corolles orangées des girolles craquantes, je vois nos mains en coupe ratissant les bouquets bas des airelles qui bleuissent nos paumes, nos bouches, nos nuits, nos vies…
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dimanche, 23 juillet 2006
J'aimais mieux avant ....
Je vois les lumières de la ville en rentrant de l'école...
Les petites bougies, les lumignons du 8 décembre, et puis, toutes ces lumières scintillantes.
- Maman, dis, c'est bientôt noël ?
Je voudrais bien avoir cette poupée rousse, là, et puis ce petit manège enchanté, et encore le joli téléphérique rouge et blanc !
Mémé a plein de papillotes, celles en sucre, des roses, des vertes, des blanches. Je les défais toutes parce que je préfère les roses.
Et puis, il y a l'arbre de noël à l'école, avec un drôle de père Noël un peu mal habillé, en plus, il n'a pas de cadeau.
A l'usine ensuite, un autre père Noël, on mange des pains au chocolat et des mandarines et j'ai un petit poupon noir...
Mémé dit que si je ne suis pas sage, le père Noël va m'apporter un martinet ; je sais bien que c'est pas vrai, de toutes façons.
- Dis, maman, c'est bientôt noël ?
Je vois encore toutes ces guirlandes dans la rue quand je rentre à pied de l'école ...
Papa a ramené le sapin et on a ouvert la boite à décorations . Mémé a de très jolies boules en verre très fin et très fragile (elle crie un peu quand on les touche), il y a de la neige très pâle collée sur le rouge et l'argent des boules.
-Maman, dis, c'est bientôt noël ?
Ce soir, c'est noël.
On est nombreux à la maison, ils voudraient que je chante devant l'armoire du salon, mon frère chante bien lui ! Moi, je boude.
J'ai eu la poupée rousse et le petit manège enchanté, mais pas le joli téléphérique rouge et blanc.
Après, le jour s'est levé
Et voilà, c'est fini.
C'est pas si terrible que ça noël, quand c'est fini, j'aimais mieux avant, quand c'était pas encore noël...
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