samedi, 10 mars 2007
Silence la queue du chat balance
Outreterre ....
18:19 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 06 janvier 2007
Siméon-Maurice
Dans un autre style, et pour ceux qui souhaitent me retrouver, je suis désormais Rose-Elvire, là :
Si vous avez loupé le début de l'histoire :
Siméon-Maurice partage son temps entre le café que tient Rita et le clavier de son ordinateur. Il a accepté, pour les besoins d'une étude sociologique d’écrire chaque jour un texte qu’une photographie lui inspire. L’image est envoyée par Fabrice chaque matin. Rose-Elvire surveille, influence et complique le bon déroulement du travail de Siméon-Maurice.
A bientôt là-bas !
10:58 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
dimanche, 31 décembre 2006
Voilà, c'est fini.
Ciao, je ferme le service ...
Bonne et heureuse année à tous :-)
19:15 Publié dans la couleur de l'absence... | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
mardi, 26 décembre 2006
Lettre à n’ouvrir qu’à la dernière nuit de l’An .
Je ne passerai pas ce réveillon près de toi.
Alors, à la faveur de la tradition des vœux, et puisque la bande des impromptus me tend la perche, j’aimerais que mes mots écrits rejoignent cette nuit tes lèvres, sous le gui …
Je te laisse donc, glissée chez eux, cette lettre, comme une bouteille à la mer, d’Elvire l’archet virtuel résonnant dans la dernière nuit de l’année morte, ouvrant les portes de l’année neuve …
Y-aura-t-il sept portes, pour ouvrir cette année en sept ?
Sept, est premier, fin d’un cycle et début d’un nouveau,
Chargé de symboles, arc en ciel, jours de la semaine, astres errants, création du monde, églises et merveilles…
Laisse-moi, bêtement, le prendre comme un signe, moi qui ne crois pas aux signes, moi, qui ne crois en rien …
Laisse-moi juste faire ce rêve là :
Qu’au long des eaux où j’ai navigué cette année morte désormais,
De la source à l’océan,
Qu’au long du fleuve, cette année nouvelle nous permette,
A la source, de plonger nos visages.
Que nos terres éloignées,
En poignées dans nos mains
Les terres froides, les terres de sable,
Demain en terreau se mêlent.
Que le feu qui nous vit naître
D’étincelles en brasier
S’alimente, nuit après nuit
De fagots renouvelés
D’odeurs de pin, de bois flambé
A réchauffer nos mains resserrées.
Que l’air du large
Chargé d’iode et d’embruns
Nous accompagne en partage
Jusqu’à l’air saturé, cristallin
Des montagnes là-bas
Et emplir nos poumons, neufs.
D’ici là, ferme les yeux, c’est bientôt demain, et je suis si près de toi …
Pour les impromptus littéraires : Thème et contrainte : Souhaits pour 2007 sous forme d'une lettre adressée à un être cher. Eau, terre, feu et air. Ces 4 mots devront apparaître dans votre texte.
10:10 Publié dans la couleur de l'absence... | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : ecriture, poesie
dimanche, 24 décembre 2006
Veillée de Noël
Ce matin, vous aurez depuis longtemps déjà choisi la bûche de la veillée de Noël…
Au solstice d’hiver à peine dépassé, dans l’âtre vous rallumerez le soleil de vos jeunes étés.
Le sol du jardin était encore dur et blanc de gel et toute la maisonnée assoupie lorsque, avant l’aube, vous avez coupé la vieille souche du pommier abandonné par les ans.
C’est cette souche qui fera la bûche de cette veillée.
Elle repose désormais sur le plancher, au long de la grande cheminée. Elle sent encore la terre et la nuit, et sur le sol, elle laisse glisser quelques mousses jaunies.
Par tradition, vous l’avez saupoudrée d’une pincée de sel, comme sur la queue de l’oiseau : pour l’attraper.
Ce soir, elle brûlera toute la nuit.
Ce soir, vous mettrez vos mains au feu pour retourner la bûche que nul fer ne doit toucher.
Ce soir, vous serez peut-être seul, mais la bûche dans l’âtre brûlera lentement ; doucement se consumera, toute la nuit et peut-être même jusqu’au nouvel an pour tous les passants, pour tous les rêveurs, pour tous les inconnus surpris au détour d’une route …
Joyeux Noël à tous, les proches et les lointains …
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vendredi, 22 décembre 2006
Phare en veilleuse
Dans les vents d’hiver, au solstice, au cœur de la nuit, froide, les pans de glace sur les verres du phare comme un éteignoir.
La lumière baisse.
Le phare est en veilleuse.
D’Ouest en Est, je rejoins mes terres de neige et de montagnes.
En rythme ralenti, je viendrai peut-être de loin en loin, vous souhaiter un bon Noël, ou vous parler d’altitude…
En début d’année, les fêtes oubliées, le phare repassera en pleine lumière …
09:45 Publié dans la couleur de l'absence... | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : écriture, poésie
jeudi, 21 décembre 2006
Rive droite, rive gauche
Je cours.
Toute la journée, je cours
Rive droite, rive gauche
Je passe et repasse la Maine.
.
Même mollement débordante, la rivière qui se voudrait fleuve
Comme la grenouille bœuf
Se franchit aisément
Un tour de voiture comme un tour de manège
.
Rive gauche rive droite
Au long du fleuve tourmenté
J’entame une longue traversée
Pas de pont, pas de barque
Pied à pied contre le courant qui m’emporte
.
Demain, je passe rive droite
Juste : éviter les récifs, les cascades, les trous d’eau
Me laisser porter
Les yeux rivés là-haut
Le regard au loin par-delà l’horizon…
00:10 Publié dans Gris clair | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : écriture, poésie
mercredi, 20 décembre 2006
Décembre bleu.
Comme une hyperacuité
Les lumières de la ville trop blanches
Une nuit au centre du chaudron
Les yeux secs et brûlants
Une hyperacousie
Les sons distordus : des cris
Ces femmes et ces hommes qui pleurent, chaque jour
Mes mains sur mes oreilles
.
Ne plus voir et ne plus entendre
Fermer les écoutilles
Par dessus bord, jeter les instruments
A l’eau boussoles et cadrans.
.
J’ai peur d’avoir envie du moment où
A l’abandon
Je finirai par t’entraîner
Là-bas
Dans la profondeur du bonheur
Où je n’entends plus rien
Où je n’ai plus qu’un mot, un seul.
Où le silence est bleu
Et la lumière d’opale…
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mardi, 19 décembre 2006
Befana
Nous avions tout préparé, pour cette nuit de l’épiphanie. Naples bruissait du va et vient des enfants qui criaient à l’arrivée prochaine de la Befana. Bien sûr, nul ne voulait d’un charbon de bois et tous rêvaient du dernier joujou à la mode, tricératops à télécommande et palais des merveilles.
Sur les cours et les venelles, nous avions refermé les portes de notre vieille maison.
Dans la cuisine, mijotaient les volailles et sur la table attendaient déjà les antipasti.
Dans la grande salle à manger, la table de fête était dressée, de blanc et d’or, comme chaque année.
La nona assoupie dans son grand fauteuil de velours sombre était au centre de la famille.
Le même rituel, année après année, chaque nuit du 5 janvier.
C’est Chiara, du haut de ses quatre ans qui a apporté le renouveau. La sonnette de la porte d’entrée ayant retenti, Chiara s’était précipitée. Et voilà qu’elle hurlait désormais : c’est la Befana, « Mamma, è la Befana ! »
Et en effet, derrière Chiara, petite et sombre, sale et courbée, se profilait une sorte de sorcière. Vêtements maculés, déchirés, et une odeur des rues, une odeur de vieille femme et d’oignons pourris.
« Si vous voulez » piaillait la vieille, « si vous voulez j’suis la Befana, mais là, fait froid dehors, et puis, j’ai la dalle, moi, gentes dames » !
J’ai reconnu la vieille clocharde du quartier du château, ce même château que l’on trouve à Angers…
« Nous voici donc avec une invitée inopportune » râlait nona, derrière ses vieilles dents…
« Nona, tu le sais, nono voulait toujours qu’il y ait ici une place à table pour le mendiant, une assiette de plus, l’assiette et la place sont là, nona, et ce soir, la befana se joindra donc à nous… »
Ce fut une nuit de l’épiphanie particulière, les enfants dinèrent avec la befana, personne n’eut de morceau de charbon, dans la maison, il faisait doux, et je ne l’ai jamais oublié …
.
Pour les impromptus littéraires
00:05 Publié dans Outremer | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : écriture
lundi, 18 décembre 2006
Comment n’as-tu pas peur ?
Comment n’as-tu pas peur d’ainsi prendre ma main ?
La peau d’éléphant qui recouvre mon cœur
Par endroit en crevasses se fend
Laisse échapper les mots
Ensevelis par des années de squames.
.
Comment n’as-tu pas peur d’ainsi marcher à mes côtés au bord du précipice ?
J’ai le vertige parfois
Et la tête à plonger
Au fond du gouffre tâter enfin du néant
Ridicule qui nous attend là-bas.
.
Comment n’as-tu pas peur d’ainsi contempler les peurs qui me rongent ?
Les oiseaux dans la cave
Et les rats sur le toit
Le vieil homme de la rue Noire
Et les stigmates de l’exil.
.
Tu attends l’éclaircie, le soleil et le sel qui soignent la peau, les chalets de montagne, les chemins de halage, les vagues à l’océan, et les nuits de silence serein, tendu comme un ciel de lit.
00:00 Publié dans gris foncé | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : écriture, poésie
dimanche, 17 décembre 2006
Mange ta main et garde l’autre pour demain !
Je crois bien que j’ai attrapé un coup de soleil
Non, c’est vrai, tout ce rouge tout autour de moi, je ne peux pas m’empêcher de mettre partout du rouge. Le soleil a du me monter à la tête.
Tiens, j’ai la tête à l’envers, j’ai sans doute encore rêvé d’elle.
Cette petite fille en rouge qui peut me dire qui elle est vraiment ?
Je ne sais plus, mon pinceau file seul, c’est mon cerveau qui déraille, elle s’impose à moi, la petite, je n’y peux rien, j’ai la calebasse en ébullition, si ce n’est pas un coup de soleil, c’est un coup de lune.
Elle est partout, la petite brune avec sa robe rouge, dans des fauteuils rouges, des rêves rouges, des rideaux rouges. Je suis le loup. J’ai bien peur d’être le loup, à moins que je ne sois le chaperon…
La petite a dévissé son pied. C’est aussi logique que de dévisser sa tête pour mieux voir autour de soi. La petite a dévissé son pied pour mieux pouvoir le contempler.
Personne ne saura mieux la dévorer.
Elle se dévore elle-même, vorace, prend les devants, la vie, elle la connait, d’avance.
Reste à savoir, qui est caché ainsi derrière sa porte, qui est le loup piteux qui la verra ainsi manger son pied, et garder l’autre pour demain. Puisqu’elle a faim.
Reste à savoir, ce qu’elle fait là, cette petite, dans ce fauteuil, à me narguer ?
Reste à savoir qui je suis, moi, dans cette histoire ? Le peintre ou le narrateur, le loup où la fillette ? Le meurtrier ou la victime ? Il manque le rouge du sang : son pied de peinture ne saigne pas. Je vais rajouter un peu de rouge.
Pour paroles plurielles
00:00 Publié dans Rouge | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : écriture
samedi, 16 décembre 2006
Quand j’étais laide.
Quand j’étais laide
que tu ne m’aimais plus, c’était hier et
je m’en souviens si bien…
(Ecoute, souviens-toi)
J’ai coupé mes cheveux, mis des dentelles.
Des bas et des jarretelles,
des corbeilles roses et noires.
Et toi, tu n’as rien vu.
(Je mens, là, je sais que tu l’as vu)
Les dentelles et les bas
Ce n’était que falbalas
des dentelles apposées,
rouge comme le clown, son nez
dans le ridicule, je me suis enfoncée.
Quand j’étais laide
que tu ne m’aimais plus, c’était hier et
je m’en souviens si bien
Un jour sur le plancher, je me suis étendue.
Bien sûr, tu n’es jamais venu.
J’ai fini par comprendre combien j’étais laide
De n’être pas désirée, pas désirable.
(J’ai renoncé)
Et puis, le temps, sans doute
le temps des regrets et des doutes
les vieux souvenirs qui affleurent,
la fin des illusions, les derniers combats…
Quand j’étais laide
que tu ne m’aimais plus, c’était hier et
je m’en souviens si bien…
Qui de nous deux s’est enfui de l’autre ?
La belle question suspendue, à jamais sans réponse.
Aujourd’hui, je suis belle et tu croyais revenir
Tu pleures ?
C’est une chanson trop mélo, il lui manque la bassesse et la honte, il lui manque l’humiliation et le goût amer du ridicule.
Merci à Jean Pol pour le refrain, Joye, tu nous la chantes ?
Joye vous la chante, c'est là :
00:00 Publié dans Noir | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : écriture, poésie
vendredi, 15 décembre 2006
Bourdon
Au loin, c’est le bourdon qui pleure de sa voix de basse
Etouffée par la brume d’hiver au souffle de glace …
Au loin, c’est le bourdon qui pleure.
Dans le plat paysage ses échos se prolongent, infinis, à demeure.
Mes yeux dans le brouillard ont perdu les faîtages comme leurs ombres
Mes mains en déshérence caressent une branche humide et sombre,
Dénudée.
C’est un clocher.
Un clocher au bourdon fêlé.
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jeudi, 14 décembre 2006
« Bye Bye Belgium »
On s’y serait cru, pas vrai ?
Oui, Orson Welles n’aurait pas fait mieux…
Oui, la balourdise des politiques mous englués dans des affaires à tous les coins de rue…
Le 5 mai 2002, ici aussi, on s’y serait crus.
Sauf que ce n’était même pas une blague.
Juste un réveil avec une grosse gueule de bois.
Et depuis ? Depuis, je me suis rendormie, comme tant d’autres.
Et chacun de penser que ça ne recommencera pas demain.
Que ça n’arrivera pas plus que bye bye Belgium …
Petits bonhommes que nous sommes …
C’est en Belgique qu’il fallait être, hier au soir, en Belgique, devant son poste de télévision.
Encore faudrait-il se réveiller demain …
19:05 Publié dans Rouge | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
De guerre lasse…
Tout ce temps écoulé à savoir que l’on manque les mots
A viser l’éternelle cible
Le mot juste.
Celui dont on sait pertinemment qu’il n’existe pas.
Et dans le néant,
Persévérer.
Chercher le mot qui manque,
Le mot parfait,
Juste ce mot là.
.
Et puis, un jour, de guerre lasse
Prendre le chemin
Des mots qui passent …
.
00:00 Publié dans Gris clair | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : écriture, poésie
mercredi, 13 décembre 2006
Le cri
C’est de partout que proviennent les cris.
Du dedans, du dehors
J’ai beau plaquer mes mains sur mes oreilles
Ça bourdonne
C’est de partout que proviennent les cris
En vagues
Le son se fracasse et mon estomac se noue
Les souvenirs remontent
Des nuits passées
A me montrer comme ils sont beaux tes sentiments
C’est de partout que proviennent les cris
Je ne suis plus qu’un long déchirement
Le chien aboie la caravane passe
Sous mes pieds il y a le fleuve
Autour de moi, il n’y a plus que pleurs
En moi, il n’y a plus que moi
Qui me tord de comprendre…
Rien Il n’y a rien d’autre à dire
Je n’entends plus que ces cris
C’est de partout que proviennent les cris.
(Note inspirée par la page Google du 12 décembre)...
00:00 Publié dans Noir | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
mardi, 12 décembre 2006
Le monologue de Chrétien de Troyes
Si je savais où il est !
Oui, si je savais où il est, je pourrais enfin en finir avec cette histoire !
Neuf mille vers et cinq longues années d’errance et de recherches… Que faire désormais de ce pauvre Perceval ?
Je suis las des forêts, des duels, des gentes dames …
Las de ce mystère.
Vraiment, la coupe est pleine.
Hé, toi, lecteur, tu crois vraiment en son pouvoir ? Tu penses vraiment qu’il aurait eu le pouvoir de guérir le roi blessé ? Qu’il aurait eu le pouvoir d’apaiser les plaies de ce monde ?
Tu le crois vraiment ?
Mais, je ne sais pas où il est. Et je me demande simplement comment je vais pouvoir en finir avec cette histoire.
Et puis, va, je ne finirai pas !
Et je te parie qu’ils seront des milliers ensuite à le chercher, pour les siècles des siècles…
Comment veux-tu que je sache où il est ?
Il est sorti de mon imagination voici près de neuf mille vers.
Las, je ne sais plus où aller désormais.
Et puis, la fatigue me prend.
Déjà, mes yeux se voilent.
Il est trop tard.
Je ne finirai pas cette histoire
.
Pour les impromptus littéraires ; thème : "si je savais où il est!"
00:00 Publié dans Blanc | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
lundi, 11 décembre 2006
Givrés.
Premier matin de givre.
Il a plu des étoiles cette nuit
Elles argentent les toits d’ardoises
Et emprisonnent d’une gangue glacée
Les roseaux de la mare.
.
Les enfants ont décoré le haut sapin et, entre chien et loup, les lucioles scintillent encore. On aura oublié de les éteindre…
.
C’est un long dimanche de petits riens.
Un dimanche en creux
Un dimanche à jeter quelques vœux
En l’air
Espérant qu’en cristaux étoilés
Ils retombent
Et de reflets argentés
Ravissent nos pensées
Givrées.
00:00 Publié dans Gris clair | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ecriture, poesie
dimanche, 10 décembre 2006
Les histoires d’A
Et comme j’ai envie de mots vivants, de mots vibrants, j’ouvre le dictionnaire à la lettre « v ».
Car c’est à Valenciennes que Valérie rencontra Valentin. Valentin dès ses vingt ans se voyait déjà valétudinaire ; Valérie, lorsqu’elle le vit, sentit la fièvre l’envahir. Pour apaiser la fièvre et les angoisses du valétudinaire, rien de tel qu’une tasse de valériane.
Rien n’y fit. Valentin resta arrimé à ses angoisses et Valérie à ses envies.
Vaine histoire : il ne lui restait plus qu’à faire ses valises…
Ainsi va la vie, se dit-elle, en quittant la ville de Valenciennes pour rejoindre Valence où le vent violent finit par lui rendre sa liberté et ses envies.
Nous ne sommes jamais où nous devrions être, en effet.
Je verrai bien, je vais quand même pousser cette porte…
Le temps dure longtemps, les parties sont longues.
J’ai dans les manches encore quelques jokers …
Musique les Rita Mitousko : les histoires d'A
00:15 Publié dans Rouge | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : écriture
samedi, 09 décembre 2006
Many rivers to cross…
J’ai mis une pièce d’un franc dans le vieux juke box et tout s’est enclenché.
La musique d’abord.
« Many rivers to cross
And it's only my will that keeps me alive”
Cette chanson trop sucrée remontée du fin fond de ma boite à musique… oubliée, classée.
Resurgie soudain : aujourd’hui c’est hier…
Des trois bars de la place du village, je choisis le plus moderne : devanture de plastique orange vif et plaques argentées imitation inox.
Et puis, parfois il y a Corinne, et tous ceux du disco-mobile du village d’à côté. La nuit dernière, nous étions tous là-bas, à enchainer les slows dans le préfabriqué sur roulettes qui tient lieu de bal de campagne version boule à paillettes et stroboscope.
L’après bal, c’est ici.
Quoi qu’il en soit, ici ou ailleurs, rien ne se passe. Jamais.
Aujourd’hui, il n’y a personne.
« Many rivers to cross » …
J’ouvre grand la porte, et repliée sur le trottoir, les genoux collés sous le menton, je laisse la chanson guimauve envahir la place…
Le soleil et la chaleur, et toutes les odeurs qui remontent : celles d’hier, tournées déjà, saumâtres et concentrées.
Le soleil et la chaleur, ces odeurs trop fortes, la musique en rengaine, et puis, la solitude et les mots barricades
Un juke box et j’ai seize ans, j’ai seize ans à peine, à bien y réfléchir …
.
Photo volée chez porte-paroles, sans son aimable autorisation ...
00:00 Publié dans Gris clair | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : ecriture
vendredi, 08 décembre 2006
Fête des lumières
C’est là qu’il faut être ce soir.
Ce soir, je chausse mes bottes de sept lieux, et je m’en vais là-bas.
Ce soir, nous dînerons sur la place Antonin Poncet.
Il fera froid, bien-sûr, un froid de décembre, brûlant mordant, un de ses froids vivant qui rend les lumières tellement plus chaudes…
Je sais qu’il fait encore doux ce matin, trop doux pour un mois de décembre, mais tu verras, ce soir, il fera froid, quelques degrés en dessous de zéro.
Lorsque nous sortirons du restaurant, vaguement ivres, les premiers flocons se mêleront aux éclats fragiles des lumignons, et la roue de lumière qui tourne, et nos têtes qui tournent, et les flocons qui dansent …
A travers la foule, il faudra se frayer un chemin prudent, le nez en l’air, parsemés d’éclats colorés, les yeux étoilés, les cheveux emmêlés, les rires enchevêtrés…
.
Est-ce que tu viens, si je te le demande ?
Est-ce que tu viens, de Belgique ou d’Alsace, d’Avignon ou d’Iowa ?
.
Est-ce que tu viens, si je te le demande ?
C’est bien moins loin pour toi, c’est presque tout à côté.
.
Oh, j’ai perdu mes bottes de sept lieux… Je serai en retard, d’un an, peut-être deux .
Elle doit être belle, la ville ce soir, vous me raconterez ?
00:00 Publié dans Gris clair | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : ecriture, poésie
mercredi, 06 décembre 2006
Le jour du merle d’Amérique.
Je découpe lentement, en petits quartiers précieux ce médaillon de chocolat noir et laisse fondre un à un les éclats de fève noire, collés entre ma langue et mon palais…
Soleil d’avent et comme la tendre fatigue arrondit mes angles, et comme le chocolat libère ses arômes, je pose ma tête au creux de mes bras, laine grisée, douce et bouclée et je ferme les yeux.
Bulle.
Eclats irisés.
La trace d’une bulle.
Un reflet.
Le jour où les merles d’Amérique reviennent se poser sur l’érable là-bas, en Iowa.
La trace de milliers de bulles.
Toutes ces journées où, partout dans le monde, reviennent les merles d’Amérique…
A Joye ...
12:35 Publié dans Outremer | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : écriture, poésie
lundi, 04 décembre 2006
Avent
Et je croyais vraiment qu’alors, le monde serait différent. C’était décembre, et tout sentait l’approche de Noël. Sur la grande place du marché, les étals regorgeaient d’oranges et de papillotes dorées. Nous choisissions de nouvelles guirlandes, les rues sentaient les braseros, nous attendions la neige…
Au soir du huit décembre, fête des lumières, venaient les lumignons sur chaque fenêtre, luminuscules étoiles dans la nuit froide.
Et je croyais vraiment qu’avec un sapin de Noël et des flocons de neige, le monde serait plus beau.
Et puis, j’ai du grandir.
Sans pouvoir jamais m’empêcher d’attendre encore, comme si Noël …
Alors, avec l’attente, est venue la peur.
Celle de savoir déjà qu’avec le sapin et la neige ne viendrait rien qu’un monde ancien.
Celle des lendemains de fête.
La gueule de bois…
17:05 Publié dans gris foncé | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : ecriture, poesie
dimanche, 03 décembre 2006
Paris Strasbourg
Un quai de gare, un soir d’hiver
Laisser derrière soi les illuminations de la ville, l’odeur des marrons chauds, les cabanes de bois et leur odeur de pain d’épice, l’attente de la neige qui viendrait dire Noël…
Les quais de départ sont toujours gris : jamais la ville n’y pénètre.
Partir à contre-corps et les mains dans les poches pour ne pas être tenté encore d’accrocher d’autres mains.
Salle des pas perdus, mêlé à la foule des nombreux n’être plus qu’un voyageur.
Un sans valise, un sans paquet…
A contre-corps, embarquer son désir contraire
A contre-jour, s’enfuir de nuit
A contre-vers, couler les mots du quotidien :
Quai 12, voie A, attention ce train ne dessert pas la gare de Plaisir
A chaque départ, un retour
A chaque baiser, un adieu.
Petite note en écho au buffet de la gare de Marie…
16:25 Publié dans Gris clair | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ecriture, poesie
samedi, 02 décembre 2006
Hêtre tortillard
Frêle et grêle, mis à nu par l’hiver qui menace, et de douleur ou de désir que chacune de mes branches ainsi se torde et se noue.
Je suis tortillard comme un omnibus, un de ces trains de campagne, une vieille micheline rouge pâle qui serpente en transversale, d’est en ouest, au long des rivières sauvages qui creusent les falaises.
Je suis tortillard comme l’est la vie : hêtre tortillard.
Démarrer, s’arrêter, revenir, retourner, contourner, chantourner, louvoyer, à chaque incident, à chaque blessure, à chaque morsure, un coude, un virage et repartir.
Mais je vise les cieux.
De nœud en nœud, de boucle en boucle, je vise les cieux.
Et je grimpe.
Tortillard, mis à nu, des feuilles de printemps, j’en aurai dessus dessous et des oiseaux affolants et des soleils caressants.
Simplement, parce que je vise les cieux.
17:30 Publié dans Outremer | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : ecriture, poesie
vendredi, 01 décembre 2006
C’est là que nous irons.
C’est là que nous irons. Lorsqu’au printemps, des mots nouveaux pousseront par chacun des pores de ma peau. C’est là que nous irons : dans ce pré sauvage en lisière de forêt, au milieu des bois noirs, où surgit la clairière.
C’est là que nous irons contempler pas à pas l’avancée des digitales roses.
L’automne sera loin alors, et les colchiques oubliés, viendra le temps de l’amour digitale et nous prierons pour ne pas qu’il s’empoisonne. Il ne faudra pas cueillir cette fleur ci, simplement, de nos doigts aériens, de nos souffles, l’effleurer.
C’est là que nous irons, effeuiller les marguerites comme des enfants à nouveau, comme des enfants surpris.
C’est là que nous irons, ensemble, saisir l’épi sauvage de nos mains, jouer à poule ou coq ; sous nos cous, glisser le bouton d’or, ensemble aimer le beurre.
C’est là que nous irons, enfants devenus rois, nous asseoir côte à côte sur les pierres sèches qui surveillent les hauts sapins sombres, offrir au soleil tendre nos corps apaisés.
C’est là que nous irons faire silence, tu sais, ces grands silences si pleins où coulent nos vies où vivent nos espoirs, nos rêves, nos désirs…
Je sais que tu viendras, je sais nos journées pleines à regarder passer le temps, nos jambes dépliées et nos bras reposés.
Je sais que c’est demain et que déjà, les mots nouveaux affleurent, bourgeonnent dans les gangues de brouillard des hivers débutants.
Je sais que rien n’est mort, que ce ne sont que faux-semblants, que bientôt, que demain …
C’est là que nous irons, sur le fil du temps, balbutiants et fragiles et tellement confiants, juste pour un instant, une seconde suspendue à regarder filer nos vies, nos rires, nos envies…
C’est là que nous irons, oui, c’est là.
Pour paroles plurielles, consigne 35.
15:00 Publié dans Outremer | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
jeudi, 30 novembre 2006
Vous reprendrez bien quelques mots ?
Le mot de l'enfance jongle et se distord
A le répéter inlassablement, à le mastiquer,
Il n'a pas plus de sens que d'objet
Le mot est vide
Il est syllabes vaines rebondissantes
Il est son, écho, ping pong.
Ensuite, les mots s'enchainent
En discours
Pas même le jeu des sonorités : rien.
Et puis, le mot se terre
En silences bavards
Il fait grand jour
Il est déjà bien tard ; le moment du mot le plus triste :
Impossible.
Alors, le mot surprend la nuit
La berce de voiles légers,
de mots tendres,
Dans un souffle de verre :
Tu m'as manqué, tu sais ?
19:38 Publié dans Blanc | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ecriture, poésie
mardi, 28 novembre 2006
Il faut se méfier des mots...
J’ai fait un rêve, un drôle de rêve :
J’avais dans la nuit deux cent mots à avaler.
Pas un de plus, pas un de moins.
C’était les mots de mes vieilles amarres qu’il me fallait un à un dévorer si je voulais quitter le port.
Mais les mots se jouaient de moi.
Lapsus calami sur lapsus calami, sans cesse l’un pour l’autre.
Les consonnes doubles disparaissaient et en voulant embrasser, ma bouche s’embrasait,
Je pleurais ce brasier et de mes larmes naissaient des baisers.
Tous mes mots, maudits mots, maux dits mots s’en mêlaient, s’emmêlaient à chaque coin de langue.
De les cracher, les expulser j’étais tentée, mais je devais au contraire les contraindre, les mâchonner…
J’ai donc du me baillonner, mais c’est qu’à force, tous ces mots finissaient par me ballonner.
Je craignais l’indigestion, voire même, la pire des constipations.
Le serpent avalé, surgissait la couleuvre, bien plus longue et plus grasse, sans compter tous ces mots savants qui sont vraiment très indigestes !
Essayez donc d’avaler l’hypothalamus sans oublier un seul " h ", ni bien sûr sans le hacher en petits menus morceaux !
Au matin, écoeurée, j’ai vomi ce petit texte, c’est sorti tout seul…
Pour les impromptus littéraires : thème "jai fait un rêve en 200 mots"
00:10 Publié dans Blanc | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
lundi, 27 novembre 2006
Au bord de ses envies.
On devrait se jeter à l'eau.
D'envie
Ne pas rester ainsi, assis au bord de l'eau,
Au bord de ses envies
Assis sur les bords de la vie
A regarder couler le flot
Des autres
Au matin, jeter sur son visage une eau glacée
Pour, cinq minutes, se sentir vivant et puis
Les gestes rituels
Café noir
Et boulot
Un matin, se jeter à l'eau
Au fil de ses envies.
00:00 Publié dans Gris clair | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : écriture, poésie
samedi, 25 novembre 2006
37°2 le matin.
Tramontane. J'ai oublié la tramontane. Elle a resurgi ce matin avec ce vent qui rend fou. Celui qui pleure, plaque vos vêtements d'automne sur un ventre creux.
La tramontane est revenue. Et les pilotis des maisons de la plage. Le sable cinglant en longs tourbillons hurlants qui rend la mer inaccessible.
Un été dos à la mer.
En boule, sur la terrasse de la maison de bois, sur l'arrière, là où meurt la tramontane à bout de souffle fracassée par la façade qui regarde le large. L'enfant qui grandit dans mon ventre n'entend rien des pleurs et des cris du vent. Il sait pourtant déjà l'absence et le silence, dos à la mer...
Et le soleil, pourtant, et le soleil, pourtant ...
17:55 Publié dans Gris clair | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : écriture, poésie




